L’impunité des soldats ne sera pas une option, assure Hollande

François Hollande a appelé vendredi à des « sanctions exemplaires » si les accusations d’« agressions sexuelles innommables » proférées à l’encontre de soldats français et de casques bleus engagés en Centrafrique étaient confirmées, estimant que « l’honneur de la France » serait alors « engagé ».

Le chef de l’État français a été rattrapé par cette affaire à Washington, où il participait à un sommet sur la sûreté nucléaire.

« On ne peut pas et je ne peux pas accepter qu’il y ait la moindre tache sur la réputation de nos armées, c’est-à-dire de la France », a insisté François Hollande, séchant la photo de famille du sommet pour improviser une déclaration devant la presse française.

Au cours d’une rencontre avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, tous deux, selon lui, ont exprimé leur « volonté que toute la lumière soit faite » et que la justice soit « saisie et rende, si les faits étaient confirmés, des sanctions exemplaires car il ne peut pas y avoir d’impunité ».

Cours martiales et tests d’ADN

L’ONU a proposé pour sa part que les suspects soient traduits en cours martiales. Elles « se tiendraient in situ dans les pays où des faits répréhensibles ont été commis », a déclaré vendredi Hervé Ladsous, chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, en visite à Bangui.

Autre mesure étudiée, préventive : l’enregistrement de tests ADN avant le déploiement des soldats, « qui permettraient notamment de faciliter les tests de paternité » en cas d’accusations.

Cent-huit nouvelles victimes présumées d’agressions sexuelles commises depuis 2013, en « grande majorité » des mineures, ont été identifiées et interrogées par des responsables onusiens, a indiqué jeudi un porte-parole de l’organisation à New York, Stéphane Dujarric.

D’après les informations recueillies, des soldats français de la force Sangaris auraient forcé en 2014 des jeunes filles à avoir des rapports sexuels avec des animaux, a indiqué à l’AFP un responsable de l’ONU à New York.

Trois jeunes filles ont notamment affirmé qu’elles avaient été déshabillées et attachées par un militaire dans un camp puis forcées d’avoir des relations sexuelles avec un chien, selon l’ONG AIDS-Free World. Elles auraient reçu chacune 5 000 francs CFA, soit un peu moins de 9 dollars.

Ces faits « n’ont pas été confirmés », a souligné Stéphane Dujarric.

Outre la France, la centaine d’allégations concerne les contingents burundais et gabonais de la mission de l’ONU en Centrafrique (MINUSCA) dans la région de Kémo, même si des abus ont pu être commis dans d’autres provinces.


«L’honneur de la France serait engagé», dit Hollande

Le président français, François Hollande, a déclaré vendredi à Washington que si les allégations « d’abus sexuels innombrables » visant des soldats français engagés en Centrafrique étaient confirmées, « c’est l’honneur de la France qui serait engagé ».

« La plus grande exigence de vérité et la plus grande affirmation du refus de toute impunité doivent être exprimées aujourd’hui par la voix du chef de l’État », a poursuivi François Hollande.

François Hollande a également rappelé qu’il s’en était entretenu quelques minutes auparavant avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

« Nous avons exprimé notre volonté que toute la lumière soit faite, que la vérité puisse être établie et que la justice puisse être saisie et rendre, si les faits étaient confirmés, des sanctions exemplaires car il ne peut pas y avoir d’impunité », a-t-il insisté.

Ces sanctions seraient d’autant plus nécessaires selon lui que la France « a pour ses armées la plus grande reconnaissance et la plus grande estime ».