Zuma de nouveau embourbé dans un scandale

Le Cap — Le président sud-africain, Jacob Zuma, déjà affaibli par plusieurs scandales, s’est de nouveau retrouvé dans la tourmente jeudi au parlement, accusé d’être sous l’influence d’une grande famille d’affaires d’origine indienne, qui serait allée jusqu’à intervenir pour l’attribution de postes ministériels. Mercredi, le vice-ministre des Finances, Mcebisi Jonas, avait jeté un pavé dans une mare déjà fangeuse en affirmant que le poste de ministre des Finances lui avait été proposé par la famille Gupta, qui a immédiatement nié. Une autre membre du parti au pouvoir, Vytjie Mentor, a également assuré avoir été approchée par les Gupta pour prendre un portefeuille ministériel, en échange de faveurs pour leurs entreprises. Cette fois, c’est la présidence qui a nié. Certains médias assurent également que les Gupta ont piloté la nomination du ministre des Mines, Mosebenzi Zwane, un portefeuille crucial dans une Afrique du Sud dont les ressources minérales restent la première source de revenus. C’est le chef de l’Alliance démocratique, le principal parti d’opposition, qui a posé la question au chef de l’État : « La famille Gupta a-t-elle jamais offert à qui que ce soit un poste de ministre, ou est-ce le ministre Jonas qui ment ? » Après un bref accès de son célèbre rire, Jacob Zuma a répliqué calmement : « Si Jonas dit que les Gupta lui ont proposé, je pense que vous devriez demander aux Gupta et à Jonas. En quoi suis-je concerné ? Je n’ai rien eu à voir avec ça. » L’opposition demande depuis quelques mois ouvertement la démission du président, déjà éclaboussé par d’autres affaires de corruption ou d’abus de biens sociaux.