Les États-Unis éliminent 150 islamistes shebab

Plus de 150 combattants islamistes shebab qui préparaient une attaque depuis un camp situé à 200 kilomètres de Mogadiscio ont été tués samedi dans des bombardements aériens par avions et par drones, a annoncé lundi le Pentagone.

« Les combattants s’entraînaient pour une attaque de grande ampleur. Ils étaient sur le point de quitter le camp et représentaient une menace imminente pour les États-Unis et les forces » de l’Union africaine, a expliqué un porte-parole du Pentagone, Jeff Davis. « Selon les premiers bilans, plus de 150 combattants terroristes ont été éliminés. » Des drones et des avions ont été utilisés pour les frappes aériennes.

Les combattants visés par Washington étaient se préparaient à conduire des opérations offensives, a précisé M. Davis, sans en préciser la nature. « Leur élimination va réduire la capacité des shebab à atteindre leurs objectifs en Somalie, comme recruter de nouveaux membres, établir de nouvelles bases, et programmer des attaques contre les forces américaines et l’AMISON [African Union Mission to Somalia] », la force de l’Union africaine en Somalie, a estimé le représentant du ministère américain de la Défense.

Résilience

Le responsable de la presse au Pentagone, Peter Cook, a précisé de son côté que les bombardements avaient été menés en « autodéfense », mais sans donner de détails sur le type de menace posée par les shebab.

Après avoir été chassés de Mogadiscio en août 2011, les shebab avaient connu un recul. Ils avaient perdu l’essentiel de leurs bastions, même s’ils conservaient le contrôle de vastes zones rurales. La capitale somalienne jouissait d’un calme relatif et commençait à émerger du chaos. Mais selon des experts, ces derniers mois les shebab ont montré leur capacité de résilience et d’adaptation, en profitant de l’apathie de l’AMISON et de la fragilité du gouvernement central somalien.

En janvier, ils ont attaqué un camp du contingent kenyan de l’Amisom à el-Adde, dans le sud somalien et revendiqué la mort de plus de 100 soldats kenyans. La semaine dernière, ils ont tué au moins 14 personnes en faisant exploser deux véhicules piégés devant un hôtel et un jardin public de Mogadiscio. Moins de 48 heures plus tard, une voiture piégée explosait devant un restaurant populaire de Baidoa (sud-ouest), avant qu’un kamikaze ne se fasse exploser. Au moins 30 personnes ont péri.

Saisie d'armes

Pour sa part, la marine de guerre australienne a annoncé lundi avoir saisi quelque 2000 fusils d’assaut, des lance-roquettes et des mitrailleuses cachés dans un bateau de pêche qui faisait route vers la Somalie. Les marins de la frégate Darwin ont arraisonné le bateau à quelque 170 milles (313 kilomètres) au large d’Oman et découvert une large cache d’armes dissimulée sous les filets de pêche, a indiqué la marine australienne, qui participe dans l’océan Indien à une mission internationale contre le terrorisme.

La Somalie est soumise depuis 1992 à un embargo de l’ONU sur le commerce d’armes, qui avait été assoupli en 2013 pour permettre au gouvernement somalien d’équiper son embryon d’armée nationale.

« Les armes ont été saisies dans le cadre des sanctions des Nations unies qui autorisent l’interdiction en haute mer des armes illicites à destination de la Somalie », a déclaré le vice-amiral australien, David Johnston, qualifiant cette prise de « très importante ».

Au total, 1989 fusils d’assaut de type kalachnikov, 100 lance-roquettes, 49 mitrailleuses PKM (kalachnikov) et 20 mortiers ont été saisis à bord du bateau de pêche, dont le communiqué ne précise ni la provenance, ni le pavillon.

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