Burundi: début d’un recensement des étrangers

Nairobi — Les opérations de recensement général des étrangers vivant au Burundi, petit pays des Grands lacs africains en crise depuis dix mois, ont débuté mardi à Bujumbura, a annoncé le porte-parole du ministère de la Sécurité publique et de la police. Tous les étrangers doivent se présenter en fonction de leur continent d’origine aux bureaux de la Police de l’air, de la frontière et des étrangers (PAFE), suivant un calendrier qui s’échelonne sur une période de deux mois, à compter de mardi. Ce recensement « a pour objectif d’octroyer aux étrangers une carte biométrique pour étrangers », avait annoncé mi-février le ministre de la Sécurité publique, le général Alain-Guillaume Bunyoni, dans un communiqué. La présence physique de chaque étranger et « le port de son titre de voyage sont exigés. Plusieurs ressortissants étrangers vivant au Burundi, contactés par l’AFP, ont dit avoir « peur de ce recensement qui est un prétexte pour nous repérer et nous ficher ». « Nous ne savons pas comment la police va utiliser ces données et avec les violences qui ont déjà touché les Rwandais, […] je pense que moi aussi, je vais me résoudre à quitter ce pays », a expliqué à l’AFP un ressortissant rwandais, né au Burundi il y a une quarantaine d’années.