Les djihadistes frappent Tombouctou

Des djihadistes présumés ont lancé vendredi une double attaque contre la force de l’ONU à Tombouctou, dans le nord du Mali, une « opération minutieusement préparée » qui a coûté la vie à un militaire malien, ainsi qu’à au moins quatre assaillants.

L’attaque intervient au lendemain d’une cérémonie de « sacralisation » des mausolées de Tombouctou détruits par les djihadistes en 2012 et reconstruits grâce à un projet de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Le nord du Mali était alors contrôlé par les groupes djihadistes, traqués depuis 2013 mais qui continuent de frapper régulièrement.

Lancée tôt le matin, l’attaque a visé La Palmeraie, un ancien hôtel situé dans le secteur sud de la ville, entre l’aéroport et le quartier administratif, où la Mission de l’ONU au Mali (MINUSMA) a installé une base de policiers nigérians.

Le ministre malien de la Défense, Tièman Hubert Coulibaly, a estimé que « les terroristes [étaient] au nombre d’une demi-douzaine », ajoutant que « leur nombre exact sera précisé » ultérieurement. « Trois ont été neutralisés, un s’est fait exploser », a-t-il affirmé, sans se prononcer sur d’éventuels survivants.

Selon une source à l’état-major de l’armée à Tombouctou, « deux personnes soupçonnées d’être des djihadistes ont été arrêtées non loin du lieu de l’attaque », à laquelle elles pourraient avoir participé.

« Nous continuons à ratisser, nous continuons aussi des patrouilles pour assurer la sécurité des populations », a déclaré un responsable de l’armée malienne sur le terrain sous le couvert de l’anonymat.

La « double attaque » à la voiture piégée, suivie d’un assaut, était une « opération minutieusement préparée », a souligné cet officier.

Le ministre a expliqué que les assaillants avaient utilisé « un véhicule bourré d’explosifs qui a foncé sur une entrée, afin d’ouvrir la voie à un second échelon de terroristes qui suivait ».

Un officier a été tué, et trois autres militaires maliens ont été blessés, a-t-il indiqué, faisant également état de deux civils blessés.

Depuis 2012

Le nord du Mali était tombé en mars 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à al-Qaïda après la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés par l’intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Les djihadistes restent toutefois actifs dans cette région où des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.