Une famille décimée, des politiciens outrés

L’attentat meurtrier survenu vendredi à Ouagadougou, au Burkina Faso, a coûté la vie à 29 personnes, dont 6 Québécois.
Photo: Sunday Alamba Associated Press L’attentat meurtrier survenu vendredi à Ouagadougou, au Burkina Faso, a coûté la vie à 29 personnes, dont 6 Québécois.

Ils ont été nombreux à venir se recueillir dimanche devant le domicile de la famille Carrier, décimée lors de l’attentat meurtrier survenu à Ouagadougou, au Burkina Faso, vendredi, et qui a coûté la vie à 29 personnes, dont 6 Québécois. Alors que les messages de sympathie et les gerbes de fleurs s’accumulaient sur le perron de la maison située à Lac-Beauport, dans la région de Québec, l’attaque sanglante a été condamnée de toutes parts, tant depuis la sphère politique que depuis celle des organismes d’aide humanitaire.

Yves Carrier, un enseignant et directeur d’école à la retraite, sa conjointe, Gladys Chamberland, du ministère des Ressources naturelles, sa fille issue d’un précédent mariage, Maude Carrier, une enseignante de l’école secondaire Cardinal-Roy à Québec, et le demi-frère de Maude, Charlelie, un animateur au centre de plein air Le Saisonnier, à Lac-Beauport, ont tous été tués lorsque quatre djihadistes ont attaqué l’hôtel Splendid et le café Cappuccino, situés dans un quartier prisé par les expatriés dans la capitale burkinabée.

La famille était dans ce pays d’Afrique occidentale depuis près d’un mois pour participer à la construction d’une école, et avait quitté le Québec à la fin décembre afin de se rendre au Burkina Faso pour le compte de la Congrégation des soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours. Ils étaient accompagnés de deux amis, aussi bénévoles et originaires de Québec : Suzanne Bernier, une retraitée, et Louis Chabot, qui enseignait à l’école secondaire Boudreau.

La conseillère générale de l’organisation d’aide humanitaire, la religieuse Lise Desrochers, était atterrée lorsqu’elle a été informée de leur triste fin. « Ils étaient tellement là par hasard. Ils ne sont responsables de rien. C’est un choc pour ma communauté, mais surtout pour la famille et les proches », a-t-elle soutenu. Trois des victimes devaient revenir au Canada samedi après-midi, leur mission humanitaire étant terminée.

Minute de silence

De passage à Peterborough, en Ontario, où il devait prendre la parole dans une mosquée restaurée à la suite d’un incendie survenue au lendemain des attentats de Paris, le premier ministre Justin Trudeau a fait observer une minute de silence pour les victimes, dimanche. « En solidarité avec leur famille qui souffre aujourd’hui des pertes dévastatrices, j’aimerais qu’on prenne ensemble un moment de silence », a-t-il demandé à la foule rassemblée. Avant de demander cette minute de silence, M. Trudeau avait de nouveau condamné les attaques de vendredi. « Il y a eu des attentats terroristes haineux en Afrique. Nous condamnons tous sans réserve ces attaques au Burkina Faso qui ont enlevé la vie à six de nos concitoyens. »

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a déclaré, en marge d’une réunion du Conseil des ministres au Nouveau-Brunswick, que le Canada compte offrir son aide au gouvernement burkinabé pour assurer la sécurité du pays, entre autres choses.

Le premier ministre québécois, Philippe Couillard, et la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, ont, eux aussi, condamné l’attaque survenue vendredi. « Rien ne peut expliquer des actes d’une telle lâcheté et gratuité. […] J’offre mes plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux personnes blessées, a indiqué le premier ministre par voie de communiqué. Nos pensées vous accompagnent durant ces moments difficiles. Ces gestes odieux nous rappellent qu’il ne faut jamais faire de compromis sur nos valeurs de liberté, de démocratie et de tolérance. »

 

Avec La Presse canadienne

Ces gestes odieux nous rappellent qu'il ne faut jamais faire de compromis sur nos valeurs de liberté, de démocratie et de tolérance

7 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 18 janvier 2016 06 h 34

    Nos héros...

    Ils y étaient "pour construire une école".
    Là est le symbole le plus significatif de la raison essentielle pour laquelle ces aliénés de la vie se font sauter.
    Anéantir toute humanité pour faire place à la médiocrité sèche d'une vie, voilà le triste et pauvre but poursuivi par les terroristes actuels.
    Aucune hésitation : les membres de cette famille sont nos héros.
    Que mon silence accompagne dans l'humilité, la douleur lourde de leurs proches.

  • Pierre Hélie - Inscrit 18 janvier 2016 07 h 44

    bande d'hypocrites

    Pas un mot sur nos relations avec l'Arabie saoudite, la mère patrie de l'islamisme et les plus grands supporteurs du terrorisme islamiste, et le Qatar, guère mieux. Pas un mot sur l'appui indirect de l'occident (avec un petit o) à ces barbares pour tenter de déloger Bachar el Assad. Tout ça pour s'assurer un approvisionnement en pétrole pas cher, question d'en finir au plus vite avec la Terre.

    • Pierre Hélie - Inscrit 18 janvier 2016 10 h 27

      "hypocrites" faisait bien sûr référence aux politiciens, non aux victimes et à leur famille. Celà dit, contrairement à ce qu'en dit cette gauche bien pensante, n'excuse en rien la barbarie de ces fous d'Allah.

  • François Dugal - Inscrit 18 janvier 2016 07 h 47

    Le vœu

    Monsieur le premier ministre Trudeau n'a-t-il pas exprimer le vœu, pendant la campagne électorale, de ramener au pays les avions CF-18 et d'envoyer à leur place des travailleurs humanitaires?

  • Michel Lebel - Abonné 18 janvier 2016 09 h 09

    Merci

    Condoléances et solidarité aux proches et amis des six personnes du Lac-Beauport lâchement assassinées. Merci pour tout le travail accompli au Burkina Faso. Le bien finit toujours par l'emportrer sur le mal.

    En toute reconnaissance,

    Michel Lebel

  • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 18 janvier 2016 12 h 36

    Ça n’arrive qu’aux autres

    « il ne faut jamais faire de compromis sur nos valeurs de liberté, de démocratie et de tolérance »
    P. Couillard

    La coopération internationale dans des pays en développement ça se fait sur le terrain, pas dans des hôtels de luxe pour touristes.

    Le multiculturalisme à outrance et l’inclusivité à n’importe quel prix font croire aux gens d’ici qu’ils sont immunisés contre le terrorisme. Les évènements au Burkina Faso nous prouvent le contraire.

    Participer à la construction d’une école, le temps des vacances du temps des fêtes dans une région aussi à risque, ce n’est plus de la coopération internationale, c’est de l’angélisme.

    Les communautés religieuses qui encouragent encore des gens à participer à leur campagne d’évangélisation devraient savoir que nous ne sommes plus à la belle époque du colonialisme.

    Ça n’arrive pas qu’aux autres.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 19 janvier 2016 18 h 54

      La famile n'était pas dans l'hôtel, elle s'était simplement attablé a la terasse du restaurent en face de l'hôtel histoire de prendre un dernier repas avant de prendre l'avion de retour, selon les dernières informations de l'exelent journaliste de R-C, Jean-François Bélanger.

      Pour la ''coopération internationale'' je crois qu'on devrait plutôt parler de tourisme humanitaire. Extrait pris sur le site de l'oraganisation qui a chapeauté leur voyage:

      «L'une des préoccupations majeures est de faire bénéficier la population des régions riches d'une expérience de solidarité en mettant à la portée du plus grand nombre, la possibilité de réaliser un séjour de solidarité dans les pays en voie de développement».

      On dit bien ''faire bénéficier la population des régions riches d'une expérience de ...''

      Et le tout ouvre à un crédit d'impôt pour don... Extrait:

      «Pour les dons faits en prévision d’un séjour à l’étranger, CASIRA prend à sa charge ses participants bénévoles et assume tous les frais relatifs à leur séjour de coopération : hébergement, repas, transport et visites culturelles. Étant un organisme de bienfaisance, nous comptons sur la participation financière des bénévoles pour assumer tous ces coûts. Ainsi, vous serez informé(e) des coûts qu’engendre votre séjour de coopération et verserez un montant équivalent, qui fera l’objet d’un reçu de bienfaisance.»

      http://www.casira.org/decouvrez-casira/qui-sommes-
      http://www.casira.org/decouvrez-casira/foire-aux-q

      Mais ceci ne change rien à la totale horreur de la folie dans lequel s'enfonce une grande partie de la planète, et qui a emporter ces six personnes totalement innocentes, comme plusieurs milliers d'autres.