Le conflit compte 16 000 enfants enrôlés de force

Les enfants sont affectés à des rôles de combat, mais peuvent aussi être utilisés à des fins sexuelles ou comme porteurs de messages.
Photo: Charles Lemodong Agence France-Presse Les enfants sont affectés à des rôles de combat, mais peuvent aussi être utilisés à des fins sexuelles ou comme porteurs de messages.

Genève — Quelque 16 000 enfants ont été enrôlés de force depuis le début du conflit par les différentes parties en conflit au Soudan du Sud, a dénoncé vendredi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).

« La situation des enfants reste grave. Malgré la signature d’un accord de paix en août, il y a peu de signes d’amélioration », a déclaré un porte-parole de l’Unicef, Christophe Boulierac, lors d’un point de presse à Genève.

« De graves violations des droits des enfants, dont des assassinats, des enlèvements et des violences sexuelles, continuent à travers le pays », a-t-il déploré.

M. Boulierac a expliqué que « depuis le début de 2015, la situation des enfants au Soudan du Sud a empiré », avec « un enrôlement et une utilisation constante d’enfants, essentiellement des garçons mais aussi des filles, par les forces et groupes armés ».

« Il y a maintenant 16 000 enfants associés à des groupes et forces armés », a indiqué l’UNICEF dans un communiqué.

Utilisations diverses

Il est courant d’appeler « enfants soldats » les enfants associés aux forces et groupes armés, terme qui évoque l’image de jeunes garçons portant des uniformes et des armes. Mais dans la pratique, l’utilisation de ces enfants est plus large que leur participation à des hostilités en tant que combattants.

Ces enfants peuvent aussi notamment exercer d’autres fonctions comme porteurs ou messagers et sont envoyés dans des zones et situations extrêmement dangereuses du fait des combats. Les filles sont souvent utilisées à des fins sexuelles et pour des mariages forcés.

Le Soudan du Sud a proclamé son indépendance en juillet 2011, sous les auspices des États-Unis, avant de replonger en décembre 2013 dans la guerre en raison de dissensions politico-ethniques, alimentées par la rivalité entre le chef de la rébellion, Riek Machar, ancien vice-président, et l’actuel chef de l’État, Salva Kiir.

En dépit de l’accord de paix signé le 26 août entre le gouvernement sud-soudanais et les rebelles, les combats n’ont jamais vraiment cessé.

Le conflit, marqué par des atrocités attribuables aux deux camps, a fait des dizaines de milliers de morts et chassé plus de 2,2 millions de personnes de chez elles. Environ 1500 enfants ont été tués, selon l’UNICEF.

1 commentaire
  • Nicolas Blackburn - Inscrit 27 novembre 2015 17 h 37

    Que du dégoût

    Personne ne commente cet article. Les enfants sont ce que nous avons de plus précieux et ils sont tellement vulnérables. Leur voler leur innocence ainsi, les violer, les assassiner sans scrupule: quelle cruauté. Étrange que cette nouvelle ne fasse pas plus réagir. Personnellement ça me déchire le coeur. Le Canada devrait mettre autant d'effort à sauver ces enfants qu'à sauver les imigrants Syriens.