Le Mali toujours sous la menace djihadiste

Des soldats maliens prennent position autour de l’hôtel Radisson lors de la prise d’otages vendredi.
Photo: Habibou Kouyate Agence France-Presse Des soldats maliens prennent position autour de l’hôtel Radisson lors de la prise d’otages vendredi.

Malgré l’opération lancée par François Hollande en 2013, la situation dans le pays n’est pas «normalisée», plusieurs groupes restent actifs ou en sommeil.

En janvier 2013, François Hollande lançait au Mali sa première guerre contre les djihadistes, qui occupaient alors le nord de ce vaste pays sahélien. Deux ans et demi plus tard, touchée sur son sol vendredi dernier, la France vient de s’engager dans une nouvelle guerre. Mais celle entamée au Sahel n’est visiblement toujours pas achevée comme le prouve l’attaque spectaculaire, ce vendredi matin, de l’hôtel Radisson à Bamako, établissement de luxe fréquenté par de nombreux expatriés dans le quartier d’ACI 2000 dans l’ouest de Bamako.

D’après les premières informations, les assaillants, dont on ne connaît pas le nombre exact, sont arrivés à bord d’une voiture munie de plaques diplomatiques et auraient tiré sur les gardiens avant de pénétrer dans l’hôtel, dont le périmètre a rapidement été bouclé par les forces maliennes aidées par celles de la Minusma, la force internationale au Mali, sans oublier les forces françaises sur place.

Une myriade de groupes

Une semaine après les attentats de Paris, l’attaque du Radisson vient donc rappeler combien il est plus facile de commencer une guerre que de la terminer.

Car rien n’est réglé au Mali et les terroristes peuvent appartenir à une myriade de groupes, toujours plus ou moins actifs, malgré les opérations de sécurisation menées dans ce pays depuis 2013.

Signés en juin, les accords de paix d’Alger qui auraient dû « normaliser » la situation dans le pays au prix de fortes concessions à certains groupes armés, n’ont jamais été appliqués. Ils ont même été dénoncés mardi par l’un des chefs extrémistes les plus célèbres, l’incontournable Iyad ag-Ghali, qui dans ce même message en a profité pour menacer la France et légitimer les attaques récentes dans le centre et le nord du pays.

À l’extérieur du pas pourtant, plus grand monde ne prête attention aux multiples affrontements ou attaques qui se déroulent dans cet immense pays.

Locaux et expatriés

Reste que le nord « pacifié » reste une zone interdite où les étrangers (hormis les militaires) ne se risquent plus. Début août, un groupe d’hommes armés avait déjà attaqué l’hôtel Byblos dans la petite ville de Sévaré, qui au centre du pays marque la dernière étape vers le nord. Là encore, il s’agissait d’un hôtel connu pour être fréquenté par de nombreux étrangers. Le bilan de cette précédente tentative de prise d’otages et des affrontements avec l’armée sera de huit morts. Cinq mois plus tôt, en mars, c’est Bamako qui était touché avec l’attaque du café La Terrasse, là encore réputé pour accueillir une clientèle mélangée de locaux et d’expatriés. L’attentat qui fera cinq morts était le premier alors enregistré dans la capitale.

À Bamako, la sécurité avait alors été renforcée mais une poignée d’homme déjouant les contrôles a réussi à montrer que le terrorisme peut encore frapper dans ce pays enlisé dans un « ni guerre ni paix » périlleux.