L’UE évacue une partie de son personnel

Nairobi — L’Union européenne a décidé d’évacuer les familles et des personnels non essentiels de sa délégation au Burundi, secoué depuis six mois par une violente crise politique, et la Belgique a conseillé à ses ressortissants de quitter le pays.

« Nous avons décidé d’évacuer temporairement les familles et une partie du personnel non essentiel, mais la délégation continuera de fonctionner normalement, a déclaré vendredi un responsable européen. La décision a été prise sur la base d’une nouvelle évaluation des risques liés à la situation au Burundi. »

« On a réduit le volume de nos personnels de façon à le réduire au staff essentiel. On voit bien que la situation est dangereuse à Bujumbura, nous prenons donc des mesures pour notre personnel et les familles » qui devraient quitter le pays « dans les jours qui viennent », a expliqué un autre responsable européen.

À Bujumbura, un membre de la délégation de l’UE a estimé que cette décision était « surtout une mesure de précaution », alors que « les tensions et les risques deviennent de plus en plus grands à cause des accusations portées par certains dirigeants burundais et une hostilité grandissante ».

Au moins 240 personnes ont été tuées et plus de 200 000 ont fui le pays depuis que la crise a éclaté fin avril à l’annonce de la candidature du chef de l’État à un troisième mandat, prohibé selon ses adversaires par la Constitution et l’Accord d’Arusha qui a permis la fin de la guerre civile (300 000 morts) entre 1993-2006.

Les violences quasi quotidiennes, attribuées à la police, aux partisans du pouvoir ou à ses adversaires qui se sont armés, laissent craindre un retour de violences à grande échelle dans un pays à l’histoire post-coloniale jalonnée de massacres entre Hutu et Tutsi.

Propos hostiles envers les Belges

 

La Belgique, ancienne puissance coloniale, a conseillé vendredi à ses ressortissants « dont la présence n’est pas essentielle de quitter le pays tant que les conditions normales le permettent », en raison notamment de « propos hostiles à la Belgique et des menaces [proférées] à l’encontre des ressortissants belges ».

« Il ne s’agit pas d’un mot d’ordre d’évacuation générale, mais nous conseillons aux Belges d’examiner leur situation et de quitter le pays si leur présence n’est pas essentielle », a précisé un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères, qui estime qu’environ 500 de ses ressortissants sont actuellement présents au Burundi.

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