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Kenney réitère l’inquiétude du gouvernement Harper

Devant la pression exercée par ses adversaires politiques, le conservateur Jason Kenney a réitéré dimanche les inquiétudes exprimées la veille par le gouvernement Harper au sujet de la condamnation du journaliste canado-égyptien Mohammed Fahmy à une peine de prison de trois ans par un tribunal égyptien.

Samedi, le premier ministre Stephen Harper a écrit sur Twitter que « le Canada continue de demander la libération immédiate de M. Fahmy et l’entière coopération pour faciliter son retour à la maison ». Dans un communiqué, la ministre d’État aux Affaires étrangères et consulaires du Canada, Lynne Yelich, a fait part de sa déception quant au verdict. Elle a précisé que le Canada continuait de faire pression sur les autorités égyptiennes pour obtenir la libération de M. Fahmy et son rapatriement au Canada.

M. Kenney a refusé de préciser de quelle manière M. Harper comptait intervenir personnellement dans ce dossier. « C’est facile pour un leader de l’opposition de parler fort dans un mégaphone, mais une intervention discrète mais énergique peut être nécessaire pour gérer un dossier diplomatique complexe », a-t-il fait valoir.

M. Kenney réagissait ainsi aux propos du chef néodémocrate, Thomas Mulcair, qui a rappelé dimanche que M. Fahmy a été « emprisonné pour avoir fait son travail de journaliste ». Comme son homologue libéral samedi, il a demandé à M. Harper de prendre le téléphone pour appeler le président égyptien, Abdel Fattah al-Sisi. « Le premier ministre a l’obligation d’État d’intervenir auprès de son vis-à-vis pour lui demander de sortir Fahmy », a-il dit.

Jugement contesté

Le procès de Mohamed Fahmy, de l’Australien Peter Greste et de l’Égyptien Baher Mohammed a été contesté de toutes parts, les uns affirmant que les preuves n’étaient pas suffisantes et les autres accusant le tribunal d’avoir été influencé par des motivations politiques.

Les trois journalistes réclament désormais un pardon du président Abdel Fattah al-Sissi, qui avait d’ailleurs exprimé des regrets quant à ce procès qui a entaché la réputation de l’Égypte auprès de la communauté internationale. Ils porteront également leur cause en appel dès que le verdict complet sera délivré dans les trente prochains jours.

L’avocate de Mohamed Fahmy, Amal Clooney, a affirmé qu’elle et l’ambassadeur canadien Troy Lulashnyk rencontreraient des représentants égyptiens pour demander ce pardon.

Le procès de longue haleine s’inscrit dans le contexte d’un conflit politique entre l’Égypte et le Qatar, d’où est issu le réseau Al-Jazeera. Le Qatar est un grand allié des Frères musulmans, une organisation considérée comme terroriste en Égypte.

« Ingérence » britannique

Le ministre égyptien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur britannique au Caire, dimanche, pour contester ses critiques envers la condamnation des trois journalistes du réseau anglophone d’Al-Jazeera.

Dans un communiqué, le ministre égyptien a affirmé que les propos de John Casson constituaient une « ingérence inacceptable » dans le processus judiciaire du pays et que son comportement était « incompatible avec les normes et pratiques diplomatiques ».

Lors d’un discours présenté à la télévision, l’ambassadeur Casson a affirmé en arabe qu’il était « choqué et inquiet des condamnations ». Selon lui, l’affaire est d’un « intérêt profond pour les Égyptiens », puisque le jugement pourrait « ébranler la confiance » des autres pays sur la stabilité de l’Égypte.

Avec La Presse canadienne et l’Associated Press