La violence s’enlise

Bujumbura — « Attaques ciblées » à motivation politique, « arrestations arbitraires » et « torture » : le Burundi, plongé dans une grave crise politique, continue de s’enfoncer dans une violence sourde, deux semaines après la réélection contestée du président Pierre Nkurunziza.

Quatre personnes ont été tuées durant la nuit dans deux quartiers de Bujumbura. Deux hommes non identifiés ont été découverts à Buterere, les mains liées derrière le dos et portant des traces de torture, et deux personnes tuées lors d’un affrontement avec une patrouille mixte police–armée, cible d’une attaque à la grenade dans la soirée à Cibitoke, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurikiye.

Des proches, cités par des médias burundais, ont affirmé que les deux victimes de Cibitoke — un adolescent et son oncle — avaient été arrêtées et exécutées par la police, ce qu’a démenti le porte-parole. M. Nkurikiye a fait état « ces derniers jours » d’une vague « d’attaques ciblées contre des personnalités et membres de certaines formations politiques », citant notamment l’assassinat dimanche soir du général Adolphe Nshimirimana, homme fort du système sécuritaire burundais et la tentative de meurtre de Pierre-Claver Mbonimpa, figure réputée de la défense des droits de l’Homme.

Il a également cité les cas de quatre personnes, sans les nommer, tuées en province et dans la capitale, ainsi que « quelques corps retrouvés sans vie ».

Il a appelé les forces de l’ordre à la vigilance, notamment vis-à-vis d’hommes en uniformes, « car le groupe de criminels qui font ces attaques ciblées portent souvent des uniformes des forces de l’ordre », a-t-il expliqué dans un communiqué télévisé.

M. Nkurikiye n’a pas précisé si ces « criminels » étaient de véritables policiers et militaires incontrôlés ou échappant à la hiérarchie officielle, ou des mutins.

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