Hollande poursuit sa tournée africaine

Après s’être efforcé de resserrer les liens avec l’Angola lors d’une visite à Luanda, le président français François Hollande est arrivé vendredi à Yaoundé, dernière étape de sa tournée africaine où il doit évoquer avec son homologue camerounais la lutte contre Boko Haram.

Le Cameroun s’est engagé militairement aux côtés de ses voisins (Nigeria, Tchad, Niger), où le groupe islamiste nigérian multiplie les attaques sanglantes.

Outre les questions sécuritaires, François Hollande et Paul Biya aborderont les questions touchant au respect des libertés, la démocratie et les droits de l’Homme.

Le président français ne passera que quelques heures à Yaoundé avant de repartir dans la soirée pour Paris.

Après une première étape au Bénin, M. Hollande arrive d’Angola, pays pétrolier et puissance diplomatique d’influence en Afrique.

Bien que politique, cette visite de M. Hollande, qui est accompagné d’une cinquantaine de chefs d’entreprises, était aussi très économique : des contrats et lettres d’intention ont été signés par Total, Accor, Eiffage, Météo France.

De même, l’Agence française de développement (AFD), bras financier de la diplomatie française, a annoncé l’ouverture d’un bureau à Luanda et Air France un troisième vol hebdomadaire Paris-Luanda.

Les contrats atteignent plusieurs centaines de millions de dollars, l’Élysée les chiffrant à un milliard. Ils témoignent de la réconciliation entre les deux pays, longtemps en froid après l’affaire des ventes d’armes illicites de l’« Angolagate » de 1994.

« L’Angola a une place influente dans les organisations africaines régionales, dans l’Union africaine et au Conseil de sécurité de l’ONU où il siège jusqu’en 2016, et il est un appui pour la France », a souligné le président français, après ses entretiens avec son homologue Jose Eduardo dos Santos.

Sujets évités

 

Le chef de l’État français s’est abstenu à Luanda d’aborder les sujets épineux, dont le respect des principes démocratiques et des droits de l’Homme, ainsi que la question de la corruption et des inégalités sociales.

Quinze militants, dont un rappeur, issu du mouvement de jeunesse qui demande le départ de M. dos Santos depuis 2011 et réclame des conditions de vie meilleures, ont été jetés en prison la semaine dernière.

 

Indépendant depuis 1975, l’Angola est dirigé par M. dos Santos depuis 1979, soit presque 36 ans. Deuxième plus gros producteur de pétrole du continent après le Nigeria, le pays a vu son PIB multiplié par 10 entre 2002 et 2013.

Pour autant, plus de la moitié des Angolais vivent encore avec moins de deux dollars par jour et la chute des cours de l’or noir depuis la fin 2014 provoque d’importantes difficultés.

Relations resserrées

 

M. dos Santos a confirmé une « volonté commune de resserrer les relations » avec la France, après que les deux dirigeants ont paraphé une lettre d’intention pour renforcer la coopération militaire, plus symbolique que concrète à ce stade.

« Je suis certain que cette visite d’État sera un jalon indélébile dans la relation », a-t-il lancé, lors de la déclaration commune des deux chefs d’État, sans possibilité pour les journalistes de poser des questions.

M. dos Santos a remercié la France pour son « rôle positif » et son « apport à l’Afrique dans la lutte contre le terrorisme et la préservation de la paix et de la sécurité ».

Soutien en Centrafrique

 

M. Hollande a de son côté félicité son homologue pour son soutien « particulièrement crucial » en Centrafrique. En 2014, l’Angola avait fait un don de 10 millions de dollars à Bangui pour soutenir le fonctionnement du gouvernement de transition.

Les deux présidents ont également évoqué la lutte contre les insurgés islamistes nigérians de Boko Haram qui, en l’espace de deux jours, ont tué près de 200 personnes dans le nord-est du Nigeria.

« Nous condamnons les actes inacceptables de terrorisme et de violence gratuite commis par des groupes extrémistes au nom de la religion », a déclaré M. dos Santos.

Une opération militaire régionale lancée en février par le Nigeria et les pays voisins, Tchad en tête, a permis au pouvoir nigérian de reprendre possession de la quasi-totalité des localités du nord-est contrôlées par le groupe armé. Mais les attentats n’ont pas cessé pour autant, comme en témoignent les derniers massacres.

À voir en vidéo