Amnistie internationale accuse l’armée nigériane d’avoir fait 8000 morts

Les exactions commises par l’armée nigériane dans le cadre de sa lutte contre le groupe Boko Haram sont responsables de la mort de quelque 8000 civils, selon Amnistie internationale.

Le groupe humanitaire identifie aussi des hauts gradés de l’armée qui devraient faire l’objet d’une enquête pour de présumés crimes de guerre.

Un rapport publié par Amnistie demande au gouvernement du nouveau président Muhammadu Buhari d’enquêter de manière urgente sur la mort de 8000 personnes qui auraient été «assassinées, affamées, suffoquées et torturées à mort».

Le bilan des violences attribué à Boko Haram s’établit actuellement à environ 13 000 morts.

Le rapport mentionne trois majors généraux et deux brigadiers généraux, en plus de demander au gouvernement d’abolir l’impunité dont jouit l’armée. Il estime que les chefs de la défense et de l’état-major actuels et leurs prédécesseurs devraient aussi faire l’objet d’une enquête pour établir une éventuelle responsabilité.

Amnistie dit avoir interviewé 412 personnes au fil des ans pour son rapport, dont des victimes, des proches, des témoins, des militants, des médecins et des responsables militaires.

Des soldats auraient interpellé plus de 20 000 personnes – dont des garçons âgés de seulement neuf ans, et souvent sur la base de preuves très minces – et les auraient ensuite détenues dans des conditions brutales qui ont provoqué plusieurs décès, ajoute le rapport.

«D’anciens détenus et des sources militaires crédibles ont décrit comment les détenus étaient régulièrement torturés à mort – suspendus au-dessus des flammes, lancés dans des puits profonds ou interrogés avec des matraques électriques», peut-on lire dans le document.

Un porte-parole de l’armée nigériane, le major général Chris Olukolade, a dit que les allégations formulées précédemment ont fait l’objet d’enquêtes et qu’aucun élément ne justifie actuellement le dépôt d’accusations.

Le Nigeria a enfin annoncé que le major général nigérian Tukur Yusuf Buratai dirige maintenant la force multinationale qui lutte contre les djihadistes de Boko Haram. Le commandement de cette force était auparavant assuré par le Tchad.