Accord de paix à Bamako

Bamako — Le gouvernement malien, des mouvements armés et la médiation internationale ont signé vendredi à Bamako l’accord de paix conclu à Alger, en l’absence des principaux groupes de la rébellion à dominante touareg, qui ont dénoncé une « signature unilatérale », devant un parterre de dirigeants africains.

Au même moment, preuve que la paix restait une perspective lointaine, des affrontements opposaient des groupes pro gouvernementaux aux rebelles près de Ménaka (nord-est), selon une source militaire au sein de la force de l’ONU au Mali (Minusma) et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion), sans autre détail.

L’accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d’indépendance du pays, en 1960. En 2012, cette vaste région a été transformée en sanctuaire et en base d’opérations jihadiste, jusqu’au lancement de l’opération militaire française Serval en janvier 2013.

La cérémonie a été maintenue contre vents et marées par Bamako et la médiation internationale conduite par l’Algérie malgré les violations répétées du cessez-le-feu depuis deux semaines.

Elle a rassemblé autour du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, une dizaine de ses homologues africains, dont le Zimbabwéen Robert Mugabe, président en exercice de l’Union africaine (UA), longuement applaudi, ainsi que le Nigérian Goodluck Jonathan, le Ghanéen John Dramani Mahama et le Rwandais Paul Kagame.

Étaient également présents des chefs de gouvernement et représentants de plusieurs autres pays, ainsi que les ex-présidents maliens Moussa Traoré et Dioncounda Traoré.

L’accord a été signé au nom du gouvernement par le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, par trois représentants de groupes pro gouvernementaux, ainsi que des représentants de deux organisations membres de la CMA.

Mais la CMA, dont les trois principaux groupes — le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et la branche rebelle du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) — n’assistaient pas à la cérémonie, a affirmé en début de soirée n’être « nullement concernée par la signature unilatérale » de l’accord.

Déniant dans un communiqué aux participants tout droit à parler en son nom, elle a réaffirmé qu’après avoir paraphé jeudi à Alger en « signe de bonne volonté » cet accord, deux mois et demi après Bamako et ses alliés, elle ne le signerait qu’après « des discussions […] pour la prise en compte de ses préoccupations ».