​MSF et la Croix-Rouge retirent leurs équipes de Leer

Juba — Médecins sans frontières et le Comité international de la Croix-Rouge ont rapatrié leurs équipes du Soudan du Sud, craignant que des violences éclatent alors que les troupes gouvernementales lancent l’assaut contre les rebelles.

Les deux organismes d’aide internationale ont retiré leurs employés internationaux de Leer, une ville rebelle dans le sud du pays. Médecins sans frontières s’est dit très inquiet d’une « attaque imminente » sur Leer et a dû suspendre les services médicaux qu’il donne à l’hôpital de Leer.

L’armée du gouvernement riposte aux attaques rebelles, a affirmé un porte-parole militaire, le colonel Philip Aguer. Les soldats poursuivent les rebelles au sud de Bentiu, la capitale de l’État d’Unité.

Quelque 100 000 personnes ont été déplacées en raison des combats de la dernière semaine dans cet État, a indiqué vendredi le coordonnateur humanitaire de l’ONU pour le Soudan du Sud, Toby Lanzer.

Le Soudan du Sud a sombré dans un conflit en décembre 2013, lorsque les troupes loyales à l’ancien vice-président Riek Machar ont affronté celles du président Salva Kiir, après des mois de tensions entre les deux politiciens. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie, et deux millions ont été déplacées depuis le début du conflit, selon l’ONU.

Le directeur adjoint des opérations de Médecins sans frontières, Pete Buth, a déclaré devoir « sonner l’alarme » à propos de la situation difficile dans le sud d’Unité.

« Nous ne pouvons rester immobiles et regarder des civils et des installations médicales être de nouveau attaqués. »

« Aujourd’hui, nous nous retirons encore avec le coeur lourd, car nous savons combien les civils souffriront lorsqu’ils manqueront de soins médicaux cruciaux », a pour sa part affirmé Paul Critchley, le chef de mission de l’organisme.

Des postes de contrôle gouvernementaux et les routes en mauvais état ont empêché les travailleurs humanitaires et le personnel de l’ONU d’atteindre les régions touchées par les combats, a affirmé un porte-parole de l’ONU, Joe Contreras.