Plus de 160 suspects arrêtés au Niger

Plus de 160 personnes soupçonnées d’être liées à Boko Haram ont été arrêtées dans la région de Diffa, dans le sud-est du Niger, qui a été début février la cible d’attaques meurtrières des islamistes, a annoncé lundi la police nigérienne alors que l’armée nigériane a affirmé avoir repris la ville-garnison de Monguno,

« Nous tenons à remercier de vive voix la population de la région de Diffa, dont la franche collaboration a permis de mettre la main sur plus de 160 individus suspects », a affirmé Adily Toro, le porte-parole de la police nationale. Les suspects, poursuivis « pour terrorisme et association de malfaiteurs en relation avec une organisation terroriste », sont « actuellement interrogés » par les services de lutte contre le terrorisme, a déclaré M. Toro, qui n’a pas précisé leur identité.

La population de la région de Diffa, « meurtrie après le choc occasionné par les lâches actions de Boko Haram, s’est rangée du côté des forces » de sécurité, avec lesquelles elle « collabore entièrement » pour « dénoncer les éventuelles membres de cellules dormantes », a-t-il assuré.

À Zinder aussi

Plusieurs dizaines d’autres suspects ont été interpellés près de Zinder, la deuxième ville du pays, située à environ 400 kilomètres de Diffa, vers laquelle près de 10 000 habitants de Diffa ont fui, avait déclaré dimanche Kalla Moutari, le gouverneur de cette région.

Ces suspects ont été « renvoyés et pris en charge par la cellule antiterroriste à Niamey », dont les investigations doivent permettre d’établir s’il s’agit bien de membres du groupe islamiste armé, avait ajouté le gouverneur.

La zone de Diffa est visée depuis 10 jours par une série d’attaques meurtrières, les premières perpétrées par Boko Haram au Niger.

Le Niger a été attaqué quelques jours avant que son Parlement n’autorise, lundi dernier, l’armée nationale à entrer au Nigeria, son grand voisin du sud, pour participer à la force régionale chargée de combattre les insurgés islamistes.

Au Nigeria

L’armée nigériane a affirmé lundi avoir récupéré la ville-garnison de Monguno, dans l’État de Borno, qui était tombée le 25 janvier aux mains du groupe islamiste Boko Haram. Le groupe islamiste s’était emparé le 25 janvier de la base militaire et l’arsenal de Monguno, située à environ 130 kilomètres au nord-est de Maiduguri, la capitale de l’État.

C’est à Maiduguri qu’est né en 2002 le mouvement Boko Haram, à l’époque une secte qui s’est transformée en 2009 en groupe islamiste armé après l’exécution de son chef par les forces nigérianes.

Selon Chris Olukolade, lors de l’opération à Monguno, les forces nigérianes ont infligé des pertes au groupe islamiste, qui a tenté de s’approvisionner en armes et nourriture à partir de la ville de Baga, située au nord de Monguno, sous contrôle islamiste depuis le 3 janvier.

Un recul

L’armée nigériane a souvent évoqué des victoires sur Boko Haram, démenties ensuite par des témoignages sur le terrain. Mais si ses déclarations concernant Monguno se confirmaient, cela représenterait un nouveau recul des islamistes, désormais combattus sur le sol nigérian et aux frontières par les soldats de quatre pays : Nigeria, Cameroun, Niger et Tchad. Le 7 février, ces quatre États et le Bénin s’étaient engagés à mobiliser 8700 hommes dans une force multinationale contre Boko Haram.

Selon les responsables du ministère nigérian de la Défense, les islamistes sont sur la défensive depuis la nouvelle coopération militaire avec les pays voisins, permettant de déloger les insurgés de plusieurs localités du Nord-Est qu’ils contrôlaient.

Boko Haram poursuit cependant ses attaques au Nigeria et dans les pays voisins, malgré la mobilisation régionale.

Samedi, les islamistes avaient envahi pendant quelques heures la ville de Gombe (nord-est), capitale de l’État du même nom, sans rencontrer de réelle résistance militaire, selon des habitants. Et dimanche, une femme avait explosé dans une gare routière à Damaturu, capitale de l’État de Yobe, dans la même région, y causant 13 morts. L’attentat-suicide n’a pas été revendiqué.