L’armée du Nigeria demande une aide internationale

Abuja — L’armée nigériane a appelé à une coopération internationale face à Boko Haram après une vaste offensive du groupe islamiste armé dans le nord-est, décrite comme son attaque « la plus meurtrière » en cinq années d’insurrection.

« L’attaque sur la ville [de Baga] par ces chiens et leurs méfaits depuis le 3 janvier 2015 devraient convaincre tous les gens bien intentionnés à travers le monde que Boko Haram représente le mal que nous devons éliminer tous ensemble, plutôt que de critiquer les personnes qui essayent de les contrer », a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense, Chris Olukolade, dans un communiqué publié samedi soir.

L’armée nigériane, la plus grande d’Afrique de l’Ouest, est régulièrement sous le feu des critiques pour son incapacité à mettre fin à l’insurrection de Boko Haram, accusée de violations des droits de l’Homme, tandis que les États-Unis ont critiqué son déni de réalité.

Le bilan des victimes de l’offensive de Boko Haram contre Baga et plusieurs autres localités sur les rives du lac Tchad, dans le nord de l’État de Borno, n’a pas encore été indépendamment déterminé mais pourrait s’avérer extrêmement élevé — certains ont évoqué plusieurs milliers de morts.

Décrire l’attaque comme « la plus meurtrière » jamais perpétrée par Boko Haram est « assez exact », a affirmé le porte-parole du ministère de la Défense.

Les soldats nigérians se plaignent du manque d’armement adéquat et ont même parfois refusé de se déployer face à un ennemi mieux équipé, qui ambitionne de créer un État islamique dans le nord-est majoritairement musulman du Nigeria. « L’armée nigériane n’a pas abandonné Baga et les autres localités actuellement contrôlées par les terroristes », a déclaré le ministère de la Défense, commentant pour la première fois l’attaque du week-end dernier. « Des plans appropriés, des hommes, des ressources, sont actuellement mobilisés pour faire face à la situation. »

Les militaires et le gouvernement font souvent ce type de déclaration, sans donner de détails, alors même que les attentats continuent à un rythme quasi-quotidien.

D’autres attaques ont depuis ensanglanté la région.

Attentats suicide

Au moins 19 personnes ont péri samedi lorsqu’une bombe fixée sur une fillette d’une dizaine d’années a explosé dans un marché bondé de Maiduguri, grande ville du nord-est du Nigeria, un attentat dont le groupe islamiste Boko Haram, qui ravage la région, semble être à l’origine.

Dimanche, deux femmes kamikazes se sont fait exploser dans un marché bondé de Potiskum, dans l’État de Yobe, tuant quatre personnes. Les explosions ont eu lieu à 15 h locales, un moment de la journée où le marché est très fréquenté.

L’attaque de Baga et d’autres localités sur les rives du lac Tchad a provoqué la fuite de près de 20 000 personnes. Au moins 16 villes et villages de la zone ont été rasés. Les islamistes ont également pris le contrôle de la base de la Force multinationale (MNJTF), censée regrouper des soldats nigérians, nigériens et tchadiens dans la lutte contre Boko Haram.

3 commentaires
  • Jacques Beaudry - Inscrit 12 janvier 2015 07 h 54

    Les chefs d'états présents en France hier n'ont donc pas trouvé le temps de rendre hommage aux nigériens tués pas les terroristes. Après leur marche dans Paris, ils ont sûrement préféré se retrouver autour des p'tits four et du bon vin.

  • André Michaud - Inscrit 12 janvier 2015 10 h 21

    Mission internationale

    Je verrais une mission internationale comme en Afghanistan. Dans ce coin les chances de succès seraient plus grandes..on ne peut abandonner toutes ces femmes et ces enfants dans les mains de ces sanguinaires..

  • Gilles Théberge - Abonné 12 janvier 2015 10 h 27

    Quel est le problème?

    Peut-être que le problème est dans la réponse à une simple question. La question, est-ce qu'il y a du pétrole au Nigéria?

    C'était en 2006 selon Wikipédia le «11e plus important dans le monde, avec une production moyenne de 2,28 millions de barils par jour (362 × 10^3 m3/j).

    Alors comment expliquer que ces richesses ne permettent pas à l'armée nigériane de disposer des outils et des armements suffisants pour faire face à Boko Haram?

    L'incompétence peut-être. Ce serait la bonne réponse à la question!