Des amendements à la Constitution à l’avantage du président

Khartoum — Le Parlement soudanais a passé dimanche une série d’amendements à la Constitution autorisant le président Omar el-Béchir à nommer directement les gouverneurs d’État et élargissant officiellement les prérogatives des services de renseignement.

« Les amendements ont été approuvés à l’unanimité », a affirmé Al-Fatih Ezzedine Mansour, porte-parole de l’Assemblée nationale, à propos des 18 amendements approuvés par le Parlement.

En vertu de ces amendements, le président aura la charge de nommer les gouverneurs des 18 États soudanais, alors que l’élection de ces derniers au suffrage universel direct avait un temps été envisagée en même temps que les scrutins législatifs et présidentiel du 13 avril. Un autre amendement a par ailleurs étendu les responsabilités du puissant Service national de renseignement et de sécurité (NISS).

Le NISS devient « une force régulière dont la mission est de veiller à la sécurité nationale interne et externe », a rapporté dimanche Badria Souleimane, à la tête du comité ayant examiné les amendements.

La Constitution ne conférait jusqu’alors au NISS que le pouvoir de rassembler et analyser le renseignement. Dans les faits, cet organe dirigeait déjà des unités militaires et disposait d’agents en civil.

Le NISS a par ailleurs autorité sur la Rapid Support Force (RSF), une force paramilitaire controversée qui combat la rébellion dans les États du Darfour, du Kordofan-Sud et du Nil bleu.

 

Le Soudan est doté d’une Constitution provisoire signée en 2005, au moment de l’accord de paix ayant engendré la création du Soudan du Sud et mis fin à 22 ans de guerre civile.

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