Les islamistes effectuent un raid aérien

Le port pétrolier d’Harika, en Libye, en août 2013
Photo: Mahmud Turkia Agence France-Presse Le port pétrolier d’Harika, en Libye, en août 2013

Benghazi — Un avion appartenant à une coalition de milices islamistes a mené un raid mardi près du principal terminal pétrolier en Libye, que défendent les forces loyales au gouvernement reconnu par la communauté internationale, a annoncé un responsable pro-gouvernemental.

Dans ce contexte de violences, la mission de l’ONU en Libye (UNSMIL) a condamné « la grave escalade militaire » et appelé « à une fin immédiate des opérations militaires afin de donner une chance au dialogue politique ».

Il s’agissait mardi du premier raid aérien de Fajr Libya dans la région pétrolière d’Al-Hilal qui comprend les terminaux d’al-Sedra, de Ras Lanouf et de Brega. Les combattants de Fajr Libya, une coalition de milices islamistes qui contrôle la capitale Tripoli et plusieurs villes de l’ouest, cherchent à s’emparer depuis plusieurs jours du terminal d’al-Sedra.

Un avion a tiré des missiles dans un secteur à l’ouest du terminal d’al-Sedra, mais la défense antiaérienne y a fait face. Les missiles se sont abattus dans une zone où ils n’ont causé ni dégâts ni victimes, a indiqué Ali Al-Hassi, le porte-parole des gardes de sécurité protégeant les sites pétroliers dans la région d’Al-Hilal. Selon lui, Fajr al-Libya pourrait avoir eu l’intention de viser des avions et des hélicoptères de l’état-major libyen stationnés sur une piste d’atterrissage de la compagnie pétrolière de Ras Lanouf, à quelques kilomètres de là. L’armée avait envoyé lundi des renforts à l’aéroport de Ras Lanouf pour défendre les installations de la région d’Al-Hilal.

Un commandant islamiste avait indiqué dimanche que ses hommes, dans leur progression vers al-Sedra, avaient été attaqués par les forces aériennes pro-gouvernementales. Les miliciens ont répliqué avec des canons antiaériens, avait-il précisé. Aucun bilan n’avait été donné dans l’immédiat sur les victimes des combats de dimanche.

À Tripoli

Dans la capitale Tripoli, une voiture piégée a explosé mardi près de la direction de la sécurité, sans faire de victimes, selon une source de sécurité. « La voiture était garée près du bâtiment de la direction de la sécurité de Tripoli », a indiqué cette source qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat, précisant que l’explosion n’avait fait aucune victime. De nombreux dégâts matériels sont en revanche à déplorer, comme des voitures stationnées alentour qui ont été endommagées de même que le bâtiment de la sûreté.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi au terme de huit mois de conflit en 2011. Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements — l’un proche des milices islamistes et l’autre reconnu par la communauté internationale — qui se disputent le pouvoir.

Dans son communiqué appelant à la fin des violences, l’UNSMIL affirme que « le pétrole libyen appartient au peuple libyen et ne devrait pas être instrumentalisé par un groupe quelconque. Le dialogue est une demande de la vaste majorité des Libyens et il n’y a pas d’alternative ».

Une première réunion de dialogue avait eu lieu fin septembre entre des membres rivaux du Parlement reconnu par la communauté internationale, sans résultat. Le chef de mission de l’UNSMIL, Bernardino Leon, avait annoncé le 8 décembre qu’une nouvelle réunion pourrait se tenir cette semaine.