Le français gagne du terrain dans le monde

Le français progresse dans le monde et il remporte même des succès réels sur Internet et en Afrique, où se trouve déjà la majorité de ses locuteurs, constate une grande enquête réalisée pour le compte de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Divulguée mercredi matin à Paris, la mise à jour de cette grande enquête réalisée périodiquement par l’Observatoire de la langue française dresse un portrait relativement optimiste de la progression du français dans le monde malgré plusieurs zones d’ombre évidentes.

Les auteurs de « La langue française dans le monde 2014 » estiment que le nombre de francophones a progressé de 7 % depuis la dernière édition de cette publication en 2010, ce qui ferait 13 millions de locuteurs en plus. Le français est toujours la cinquième langue la plus parlée au monde avec 274 millions de locuteurs, dont 212 millions qui l’utilisent quotidiennement. Elle se situe derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol et, selon les estimations, l’arabe ou l’hindi. L’étude dirigée par Alexandre Wolff nous apprend aussi que le français est la quatrième langue sur Internet, la troisième des affaires et la deuxième en ce qui concerne l’information internationale dans les médias.

C’est toujours en Afrique que la progression est la plus forte, avec une augmentation du nombre de locuteurs de 15 % en Afrique subsaharienne qui atteint même 30 % au Sénégal. Les auteurs prédisent qu’à long terme, la population des pays ayant le français comme langue officielle (mais pas nécessairement maternelle) dépassera celle de pays ayant comme langue officielle l’allemand, le portugais, l’espagnol et même l’arabe.

Sur Internet

Cette progression se manifeste aussi sur Internet, où les francophones sont au quatrième rang pour le nombre d’internautes. Le français aussi la troisième langue la plus utilisée dans les blogues, la sixième pour le nombre de pages Web et pratiquement la quatrième pour les contenus, les logiciels de communication et sur les réseaux sociaux.

Ceux qui étudient le français comme langue étrangère ont aussi progressé de 6 % dans le monde depuis 2010. Cette progression atteindrait même 43 % en Asie et en Océanie. C’est en Amérique que la progression est la plus faible (2 %) et en Europe où elle est négative, même si le français y demeure la deuxième langue seconde la plus enseignée au primaire et au début du secondaire. Elle est ensuite devancée par l’allemand.

Les chercheurs rappellent que la France est toujours la troisième destination des étudiants qui vont étudier à l’étranger, après les États-Unis et le Royaume-Uni. Parmi les 300 000 étudiants qu’elle accueille, les principaux contingents proviennent du Maghreb, de Chine, d’Afrique subsaharienne et d’Europe.

Unilinguisme anglais

Mais ces chiffres en croissance font difficilement oublier les zones d’ombre. L’étude rappelle que, selon l’UNESCO, en Afrique subsaharienne, où les perspectives d’extension du français sont les plus grandes, il faudra recruter 900 000 nouveaux enseignants d’ici 2015. D’ici 2030, c’est plus de 2 millions d’enseignants qu’il faudra trouver afin d’assurer cette progression. Voilà qui pourrait rendre très aléatoires les prévisions selon lesquelles il y aurait 750 millions de francophones à l’horizon de 2050.

L’autre grand trou noir est représenté par la mainmise de plus en plus grande de l’anglais sur les organisations internationales. L’étude souligne combien cet unilinguisme envahissant compromet la participation véritable des non-anglophones et ouvre la porte à la médiocrité. Alors que l’on traduit de moins en moins, les organisations internationales se retrouvent dans l’obligation, dit l’étude, de faire de plus en plus de révision linguistique afin de redonner du sens à des textes flous, ambigus et produits dans un anglais souvent bancal.

L’étude constate enfin que les québécismes, les belgicismes et les africanismes les plus divers ont de plus en plus droit de cité dans les grands dictionnaires de la langue française, comme le Robert, le Larousse et même le dictionnaire de l’Académie française qui est passé de 50 000 à 60 000 mots en 50 ans.

11 commentaires
  • Guy Lafond - Inscrit 5 novembre 2014 07 h 33

    Une harpe


    On dirait que le vent s'est pris dans une harpe et qu'il en a gardé toutes les harmonies." (Yves Duteil)

    :-)

    • Gilles Bousquet - Abonné 5 novembre 2014 07 h 45

      Très beau mais très peu dans le reste du Canada. Faudrait favoriser la venue de 20 millions d'immigrants francophones, de préférence, de France, au Canada, pour rétablir la parité du début de la fausse Confédération canadienne, une simple fédération, en 1867.

    • Guy Lafond - Inscrit 5 novembre 2014 13 h 03

      @Gilles Bousquet

      Merci pour ce rappel. Autrement, quand vous examinez la carte du monde, la France est grande comme un mouchoir et doit nourrir plus de 66 millions d'habitants. Vous et le ROC, vous ne voulez vraiment pas leur faire un peu plus de place dans ce Canada, dans ce Québec contemporain?

      :-)

    • Gilles Théberge - Abonné 5 novembre 2014 13 h 05

      Ne perdons pas notre temps à attendre ces lendemains chantants monsieur Bousquet. La solution c'est de faire l'indépendance et d'assurer nous-mêmes l'avenir de notre langue et de notre culture.

      Ce n'est pas aux autres que revient le devoir de nous sauver. Ce devoir c'est le nôtre.

  • Jean Richard - Abonné 5 novembre 2014 08 h 18

    Unilinguisme anglais, presque un pléonasme

    L'anglais s'est imposé non pas par ses qualités linguistiques, mais parce qu'il accompagnait une domination économique et politique. La domination économique s'est accompagnée par la suite d'une domination culturelle.

    Cette situation n'est pas sans risque. D'une part, l'anglais étant probablement la langue seconde la plus répandue dans le monde, il se pourrait qu'on finisse par observer une simplification qui à la longue pourrait l'affaiblir. Le globish, comme on appelle parfois cet anglais utilitaire, ne s'imposerait-il pas de plus en plus, y compris chez les anglophones de langue maternelle, jusqu'à en faire une langue pauvre ?

    L'autre risque, c'est celui de l'unilinguisme. Les anglophones de langue maternelle sont parmi les moins portés à apprendre d'autres langues. Ils n'en comprennent pas la nécessité. Mais pire, dans le cas de l'assimilation, il arrive souvent que les allophones assimilés à l'anglais délaissent leur langue maternelle. C'est le cas des francophones en Amérique.

    L'unilinguisme n'est pas un gage de vitalité de la culture. Or, on craint parfois que cet unilinguisme anglophone (un quasi-pléonasme) croissant en Amérique du Nord n'aboutisse un jour au déclin culturel de ce continent. On aurait souhaité que d'autres langues fortes comme le français et l'espagnol viennent équilibrer les choses et empêchent la domination totale d'une langue unique pouvant mener à la pensée unique. L'espagnol n'est pas sans espoir, mais le français est écarté du décor. Il sera difficile de compter plus de deux générations avant que le français ne soit rayé de la carte en Amérique du Nord, même s'il progresse ailleurs.

    • Jacques Cameron - Inscrit 5 novembre 2014 09 h 41

      Arnold Toynbee, le grand philosophe de l'histoire, écrivait dans son oeuvre monumentale ''The Philosophy of History'', qu'il pouvait prédire que deux cultures allaient survivre à toutes les autres: La chinoise et...oui, eh oui...la canadienne-française, comme on l'appellait à l'époque. Pourquoi?
      Ce grand savant avait développé une méthode par vecteurs dans l'espace et le temps pour suivre le développement des civilisations. Pourquoi, par exemple, trois des grandes religions sont-elles nées au moyen-orient ou pourquoi le flambeau de la culture s'est-il retrouvé en Italie lors de la bien-nommée Renaissance?
      En appliquant son système de vecteurs, solidement édifiés sur l'histoire, à notre humble Québec, il a conclu que ces vecteurs entre deux grandes cultures, l'anglo et la franco, et ce pont entre deux continents occidentaux, l'Europe et l'Amérique, nous destinaient au plus brillant avenir.
      M. Richard, vos observations sont justes et pertinentes, à l'exception de prédire notre assimilation. Avec tout le respect que je vous dois, la boule de cristal de M. Toynbee est plus crédible que la vôtre.

    • Gilles Théberge - Abonné 5 novembre 2014 13 h 10

      J'ai déjà lu un article qui, justement en raison notamment du fait que la langue anglaise était imposée à plusieurs peuples, et en raison de la façon dont elle évolue, cette langue était à terme menacée de babélisme.

      Ainsi les locuteurs de diverses parties du monde finiraient par ne plus se comprendre, parce que la langue est aussi tributaire de la dimension culturelle propre à chaque peuple.

    • John Elkhoury - Inscrit 6 novembre 2014 10 h 24

      J'aime pas trop les généralisations, je suis américain et je travaille en France (comme prof d'anglais lol).. je parle courrament le français et je connais des amériloques qui parlent 4, 5, 6 langues. En fait, je suis en traîne d'enseigner le français aux anglophones sur mon site web: FrenchCrazy.

      "Les anglophones de langue maternelle sont parmi les moins portés à apprendre d'autres langues. Ils n'en comprennent pas la nécessité. "

      Bah si. On comprend que si on parle les langues étrangèrs cela nous permettre de gagner plus d'argent avec des sociétés étrangères. Notre économie n'est pas si forte seulement parce qu'on a une militaire forte mais aussi parce qu'on a une grande population et un grand secteur de commerce/banking. On fait le "business" partout, n'importe où dans le monde.

      Même les langues sont utiles à découvrir une nouvelle culture en parlant avec des gens interéssants.

      Soyez plus prudent dont vous dites, vous pensez que les anglophones comprennet pas vos mots ? (je suis pas sûr que ça c'est le bon français, c'est dûr parfois)

      Have a good day !

  • alain dallaire - Inscrit 5 novembre 2014 09 h 30

    Sauf au Quebec

    Couillard va aider le Quebec a devenir Anglophone .
    Aucune fierté.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 5 novembre 2014 12 h 52

      Oui, Couillard va aider le Québec à devenir anglophone, en continuant d’accueillir plus de 50 000 immigrants par année au Québec, dont la moitié s’intègrent aux anglophones. Et en continuant de sur-subventionner les universités et cégeps anglophones. Il existe au Québec un scandale systémique et récurrent : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les collèges et universités anglophones du Québec reçoivent 26 % des subventions gouvernementales du Québec. Ce n’est sûrement pas M. Couillard qui va redresser cette injustice envers la population francophone, lui qui reçoit l’appui quasi unanime (sinon rhodésien) des anglophones et des allophones anglicisés.

  • Jacques Grenier - Abonné 6 novembre 2014 05 h 14

    Chantage

    Couillard est dans une position intenable vis à vis le fédéral. Aussitôt que Porter va être repatrier (si) sont chien est mort comme premier ministre. Donc il devient facile de comprendre tous ces gaffes monumentales. Il racole les fédéraux pour sauver sa peau