Les failles d’un système scolaire

Le manque de manuels scolaires, qui fait polémique dans les écoles publiques d’Afrique du Sud, est le fruit d’une mauvaise gestion de l’administration, pas capable notamment de savoir combien elle gère d’élèves ou d’établissements, selon un rapport officiel paru jeudi.

 

« Un système de gestion complet des données pour identifier, répertorier et mettre à jour le nombre d’écoles et d’élèves, par école, district et province, doit être instauré », souligne ce rapport produit par la Commission sud-africaine des droits de l’Homme (SAHRC), autorité indépendante du gouvernement.

 

La SAHRC avait été saisie par le Parlement après la condamnation en 2012 du gouvernement pour violation de la Constitution sud-africaine, qui garantit le droit à une éducation de base pour tous. Or, à l’issue d’une enquête et d’auditions conduites de mi-2013 à début 2014, la Commission constate que, si certains élèves sont mieux lotis que d’autres, toute série de problèmes d’ordre général explique cette situation chaotique dans le primaire.

 

Ainsi, « la Commission a découvert que toutes les écoles ne parvenaient pas à prévoir précisément le nombre d’inscriptions de l’année scolaire suivante », que beaucoup d’établissements commandaient leurs manuels « tardivement ou en quantité incorrecte » et que « dans beaucoup d’écoles, les directeurs ne font aucune vérification pour s’assurer que le matériel reçu est correct ».

 

Dans les écoles rurales, c’est pire : « L’absence de moyens de communication modernes, téléphone, fax, Internet, a affecté la capacité de ces écoles à commander [les manuels], confirmer leur livraison ou signaler une pénurie à leur administration respective. »

 

La SAHRC s’est aussi aperçu que « la plupart des ministères provinciaux de l’Éducation n’avaient pas de chiffre précis du nombre d’écoles dans leur provinces, des moyens ou du nombre d’élèves de chaque école ».

 

Enfin, si certaines des neuf provinces ont centralisé l’achat de matériel scolaire, d’autres ne l’ont pas fait, tout comme le ministère national qui n’a « pas de système crédible d’achat et de distribution centralisé ».