L'égalité entre Tunisiens et Tunisiennes inscrite dans la Constitution

La Tunisie a approuvé lundi l’égalité « sans discrimination » des « citoyens et citoyennes » dans sa future Constitution, un texte unique dans le monde arabe même si l’égalité entre les sexes n’est pas énoncée clairement.

« Tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune », dispose l’article 20 du projet de Constitution.

Cette formulation est le fruit d’un compromis négocié entre les islamistes d’Ennahda, majoritaires à l’assemblée, et l’opposition laïque. Ennahda avait fait scandale durant l’été 2012 en annonçant vouloir introduire le concept de complémentarité homme femme dans la Constitution.

L’article validé lundi a néanmoins été critiqué par des ONG comme Human Rights Watch et Amnesty, qui jugent la formule sur les citoyens trop réductrice.

« La Constitution devrait préciser que les hommes et les femmes sont égaux et ont droit à la pleine égalité en droit et en fait », relevaient vendredi ces organisations. Les ONG souhaitaient « consacrer les principes d’égalité et de non-discrimination devant la loi et les appliquer à toute personne relevant de la juridiction nationale tunisienne, les citoyens comme les étrangers ».

Un autre article, le 45, traitant des droits des femmes doit être examiné. Celui-ci évoque « l’égalité des chances entre la femme et l’homme ».

La Tunisie, sans consacrer l’égalité des sexes, est depuis 1956 le pays arabe accordant le plus de droits aux femmes. L’homme reste cependant privilégié, notamment concernant l’héritage.

Néanmoins, les militantes féministes tunisiennes, se sont félicitées de l’adoption de l’article 20.