Un troisième anniversaire sans grand entrain...

Quelques manifestations du pouvoir et de l’opposition, sans grands rassemblements, ont marqué l’anniversaire.
Photo: Agence France-Presse (photo) Feith Belaid Quelques manifestations du pouvoir et de l’opposition, sans grands rassemblements, ont marqué l’anniversaire.

La Tunisie marquait mardi sans entrain le troisième anniversaire de l’immolation d’un marchand ambulant, à l’origine de la révolution et du Printemps arabe, et malgré un contexte de tensions sociales et politiques, les manifestations n’ont guère rassemblé.

 

À Sidi Bouzid, berceau de la révolte déclenchée par l’immolation le 17 décembre 2010 de Mohamed Bouazizi excédé par la misère et les brimades policières, les rassemblements contre le pouvoir n’ont connu qu’un succès très mitigé, selon un correspondant de l’AFP.

 

Un millier de militants syndicaux et de partis de gauche ont manifesté en ordre dispersé dans la matinée.

 

« Nous n’avons rien gagné avec cette révolution », s’insurge Bilel, jeune habitant d’un quartier pauvre de la ville, la cité Ennour, évoquant le peu de perspectives de la jeunesse en Tunisie. Du côté des partisans du pouvoir, le parti Ennahda a rassemblé quelque 300 manifestants.

 

Par ailleurs, la venue à Sidi Bouzid du chef de l’État, Moncef Marzouki, du premier ministre Ali Larayedh et du président de l’Assemblée nationale constituante Mustapha Ben Jaafar a été annulée « pour raison de sécurité ».


Dans la capitale

 

Les célébrations du 17 décembre n’ont pas connu plus de succès dans la capitale.

 

Le président et le premier ministre se sont contentés d’une cérémonie d’hommage discrète au palais présidentiel, selon des photos transmises par la présidence.

 

« Nous avons le droit d’être fiers de ce que nous avons réalisé », a dit M. Marzouki dans un discours diffusé par son service de presse, évoquant la « liberté d’expression et d’opinion » et le fait que la Tunisie n’a pas sombré dans la violence « contrairement à d’autres pays » du Printemps arabe.

 

Une manifestation à l’appel de mouvements islamistes radicaux, dont le groupe jihadiste interdit Ansar Asharia, n’a rassemblé, sous haute surveillance policière, que quelques centaines de personnes place de la Kasbah, où siège le gouvernement.

 

« Nous sommes là pour faire face à l’injustice, l’oppression et la marginalisation. Ben Ali lorsqu’il était au pouvoir classait les islamistes comme des terroristes pour imposer sa dictature, le même scénario se répète maintenant », a dénoncé l’un des organisateurs, Marouane Jidda.


Arrestations

 

Depuis juillet et l’assassinat de l’opposant Mohamed Brahmi, la police a procédé à de multiples arrestations pour affaiblir la mouvance djihadiste, notamment Ansar Asharia, après lui avoir attribué de nombreuses attaques contre la police et l’armée.

 

Longtemps, les islamistes du parti Ennahda, arrivés au pouvoir avec les élections d’octobre 2011, ont cherché à transiger avec les djihadistes, si bien que l’opposition les accuse de laxisme voire de complaisance. À l’inverse, la mouvance salafiste accuse désormais Ennahda de mener une répression injustifiée.

 

L’anniversaire de la révolte intervient dans un contexte politique complexe. Samedi, après deux mois de tractations et malgré le refus d’une partie de l’opposition, le ministre de l’Industrie Mehdi Jomaâ, un indépendant, a été désigné pour prendre la tête du gouvernement.

 

De nouveaux pourparlers mercredi doivent déterminer le calendrier de la passation devant acter le départ volontaire du pouvoir d’Ennahda afin que le nouveau premier ministre conduise la Tunisie vers des élections en 2014.

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