Égypte - L'ancien président Mohammed Morsi devant la justice le 4 novembre

L’ancien président égyptien Mohammed Morsi se retrouvera devant la justice le 4 novembre et sera accusé du meurtre de manifestants pendant qu’il était au pouvoir, a annoncé mercredi un tribunal égyptien.

M. Morsi a été chassé du pouvoir le 3 juillet et est maintenu en détention depuis ce moment. Il n’a pratiquement eu aucun contact avec le monde extérieur, à part quelques entretiens avec des proches ou des diplomates internationaux.

Quatorze autres membres des Frères musulmans seront traduits en procès en même temps que lui, dont certains des principaux dirigeants de l’organisation islamiste.

La Cour d’appel du Caire a confié le procès au juge Ahmed Sabry Youssef, selon ce que rapporte l’agence de presse égyptienne MENA.

Les avocats de M. Morsi devaient se rencontrer mercredi pour discuter de leur stratégie et décider qui d’entre eux agira comme avocat principal.

Les accusations contre M. Morsi concernent les violences qui ont éclaté au début du mois de décembre, quand quelque 100 000 manifestants s’étaient rassemblés devant le palais présidentiel pour dénoncer certaines de ses décisions. Au moins 10 personnes avaient perdu la vie lors des affrontements qui avaient suivi.

Certains se demandent d’emblée si le procès de M. Morsi sera équitable. Ses avocats n’ont pas encore eu le droit de s’entretenir avec lui et ils affirment ne pas avoir encore pris connaissance du dossier des procureurs.

D'autres procès à venir?

Ce procès risque de n’être que le premier de plusieurs à l’endroit des Frères musulmans. Les procureurs affirment être à préparer des dossiers contre quelque 2000 leaders et membres du groupe actuellement détenus.

«Ce procès se déroule sous le canon d’un char, a lancé un des avocats de M. Morsi, Mohammed Gharib. Est-ce que c’est l’ambiance d’un procès équitable?»

Une avocate spécialisée dans les droits de la personne, Hoda Nasrallah, a indiqué que l’affaire, en surface, a une certaine valeur potentielle et qu’elle n’est pas uniquement politique.

«Mais il y a définitivement des motivations politiques [...] et des réglements de comptes», a-t-elle prévenu.

L’agence MENA affirme que, selon les procureurs, M. Morsi a demandé à la Garde républicaine et au ministre responsable de la police de mettre fin à la manifestation assise devant le palais présidentiel. Sa demande aurait été rejetée par crainte d’un bain de sang. Les proches de M. Morsi auraient alors demandé à leurs partisans d’intervenir par la force pour y mettre fin.

Par ailleurs, les États-Unis devraient annoncer mercredi qu’ils retranchent des centaines de millions de dollars à l’aide militaire et économique qu’ils consentent chaque année à l’Égypte. Washington envisage une telle mesure depuis que M. Morsi a été chassé du pouvoir par l’armée égyptienne.

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