L’opposition tunisienne mobilise la rue

Tunis — L’opposition tunisienne a revendiqué la mobilisation de dizaines de milliers de personnes mardi soir à Tunis en pleine crise politique, leur camp cherchant à arracher la démission du gouvernement dominé par les islamistes.

 

Le parti de centre droit Nidaa Tounès a estimé à « plusieurs dizaines de milliers » le nombre de manifestants sur sa page officielle Facebook.

 

Deux députés de la Constituante interrogés par l’AFP, Khemaïs Ksila et Iyed Dahmani, ont même estimé la foule à 150 000 personnes, alors que la police n’avait pas donné d’estimation deux heures après le début de la manifestation.

 

Un responsable policier sur place a cependant indiqué à l’AFP que les manifestants étaient « au minimum 15 000 ».

 

Les manifestants, rassemblés à l’appel de partis d’opposition, d’associations et de syndicats, ont défilé d’une porte de la Médina à la place du Bardo, face à la Constituante et centre de la contestation depuis le 25 juillet, date de l’assassinat du député Mohamed Brahmi, attribué à la mouvance jihadiste.

 

La foule scandait à la fois des slogans pour les droits de la femme et contre le parti Ennahda, tel « La Tunisienne est libre, les Frères musulmans dehors » ou encore « la Tunisienne est musulmane mais pas islamiste ». Le 13 août est une date symbolique en Tunisie, marquant l’adoption en 1956 d’une législation accordant aux femmes des droits sans pareils dans le monde arabe. Les islamistes d’Ennahda sont cesse accusés de vouloir revenir sur ces acquis.

 

Objectif

 

Les opposants au parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement, avaient pour objectif de relancer leur mobilisation dans la rue avec cette manifestation après qu’elle eut fortement décliné avec les fêtes de fin du ramadan la semaine dernière.

 

La coalition d’opposition, allant de l’extrême gauche au centre droit, réclame la mise en place d’un gouvernement de technocrates indépendants et la dissolution de la constituante.

 

Les islamistes insistent sur leur légitimité à gouverner issue de la Constituante élue en octobre 2011 mais dont les travaux ont pris près d’un an de retard faute de consensus sur la Constitution.

 

L’équipe gouvernementale actuelle est accusée d’avoir failli sur le plan sécuritaire, l’essor de la mouvance salafiste déstabilisant régulièrement le pays depuis la révolution de janvier 2011. Un premier cabinet dirigé par Ennahda avait déjà dû démissionner après l’assassinat d’un autre opposant, Chokri Belaïd, le 6 février.