L’opposition veut proposer un gouvernement alternatif en Tunisie

Dans la rue ce dimanche, comme tous les soirs depuis le 25 juillet, l’opposition organisait une manifestation. Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées en début de soirée devant le siège de l’Assemblée nationale constituante.
Photo: Agence France-Presse (photo) Fethi Belaid Dans la rue ce dimanche, comme tous les soirs depuis le 25 juillet, l’opposition organisait une manifestation. Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées en début de soirée devant le siège de l’Assemblée nationale constituante.

Tunis – Le parti islamiste tunisien au pouvoir et le puissant syndicat UGTT doivent tenir de premiers pourparlers lundi, en pleine crise déclenchée par l’assassinat d’un opposant fin juillet, tandis que l’opposition mobilisait encore des centaines de manifestants dimanche soir à Tunis.

 

L’UGTT, forte d’un demi-million d’adhérents et capable de paralyser le pays, a indiqué que le chef du parti Ennahda, Rached Ghannouchi, celui du syndicat, Houcine Abassi, et le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar, participeraient aux pourparlers, sans donner plus de précisions.

 

M. Ben Jaafar a annoncé la semaine dernière le gel des travaux de la Constituante tant que des négociations regroupant tous les acteurs politiques et socio-économiques n’étaient pas lancées. Il avait demandé à l’UGTT de parrainer d’éventuels pourparlers.

 

La centrale syndicale, tout comme le patronat, réclame la démission du gouvernement dirigé par Ennahda et la mise en place d’un cabinet de technocrates depuis l’assassinat, attribué à la mouvance salafiste, du député d’opposition Mohamed Brahmi. Le syndicat est cependant opposé à la dissolution de la Constituante réclamée par une hétéroclite coalition d’opposition.

 

Le parti islamiste propose pour sa part d’élargir le gouvernement à d’autres forces politiques ainsi que des élections en décembre.

 

Dans la rue, comme tous les soirs depuis l’assassinat le 25 juillet du député, l’opposition organisait une manifestation dimanche. Plusieurs centaines de manifestants étaient rassemblés en début de soirée devant le siège de l’ANC et les 60 députés boycottant la Constituante ont décidé qu’à tour de rôle plusieurs d’entre eux passeraient la nuit sur place. En début de soirée, ils étaient plusieurs dizaines à manifester.

 

La coalition d’opposition allant de l’extrême gauche au centre droit a exclu samedi toute négociation avec Ennahda tant qu’un gouvernement de salut national n’était pas en place. Elle compte proposer un cabinet alternatif composé d’indépendants la semaine prochaine.

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