Le pouvoir égyptien ordonne la dispersion des pro-Morsi

Des partisans des Frères musulmans et du président déchu Mohamed Morsi manifestaient mercredi dans les rues du Caire.
Photo: Agence France-Presse (photo) Gianluigi Guercia Des partisans des Frères musulmans et du président déchu Mohamed Morsi manifestaient mercredi dans les rues du Caire.

Le Caire — Le nouveau pouvoir s’est engagé mercredi à disperser par la force les partisans du président destitué Mohamed Morsi, décidés à poursuivre leur mobilisation au Caire, faisant craindre un nouveau bain de sang après l’échec des médiations internationales.

 

Les États-Unis, dont des émissaires ont tenté en vain ces derniers jours une médiation entre les autorités intérimaires et les Frères musulmans, la confrérie du président déposé par l’armée, ont lancé un nouvel appel aux Égyptiens pour faire des compromis afin de sortir de l’impasse.

 

À la télévision officielle, le premier ministre égyptien Hazem Beblawi a assuré que la police, qui a obtenu le feu vert du gouvernement il y a une semaine, n’avait pas dispersé jusqu’ici les milliers de pro-Morsi, barricadés avec femmes et enfants sur les places Rabaa al-Adawiya et Nahda, par « respect du mois sacré du ramadan », qui s’est achevé mercredi soir.

 

Les célébrations de l’Aïd el-Fitr marquant la fin du mois de jeûne musulman commencent jeudi et doivent prendre fin dimanche.

 

M. Beblawi a ajouté que son gouvernement « ne reviendra pas sur [sa] décision » de déloger les partisans de M. Morsi, déposé et arrêté par l’armée le 3 juillet.

 

En réponse aux sommations du gouvernement mis en place par l’armée, les pro-Morsi ont de nouveau affirmé qu’ils resteraient mobilisés jusqu’au rétablissement dans ses fonctions du premier président égyptien élu démocratiquement.

 

Ce bras de fer fait craindre de nouvelles violences dans le pays où plus de 250 personnes - essentiellement des pro-Morsi - ont déjà péri depuis plus d’un mois dans des affrontements en marge de rassemblements.

 

Ces dix derniers jours, des émissaires européens, américains, africains et arabes se sont relayés pour tenter à la fois d’amener les autorités à la retenue et de convaincre les Frères musulmans, vainqueurs des législatives de novembre 2012, de se disperser et de participer à la transition.

 

La présidence a accusé la confrérie d’être « responsable de l’échec des efforts internationaux », mais aussi, et surtout, « des conséquences à venir de leurs violations des lois et de leur mise en danger de la sécurité publique ».

 

Alors que la presse quasi unanime et une grande partie de la population voit dans la dispersion des pro-Morsi un moyen de relancer la transition, pour le moment au point mort, les responsables multiplient les déclarations promettant « le moins de pertes possibles ».

 

À l’occasion de l’Aïd el-Fitr, Ahmed Al-Tayeb, le grand imam d’al-Azhar, principale autorité sunnite d’Égypte, a appelé les Égyptiens à la réconciliation, et demandé aux autorités une réunion extraordinaire de sortie de crise après la fête.

 

En soirée, le président par intérim Adly Mansour et M. Beblawi se sont adressés à la nation, renouvelant l’appel à l’union nationale à l’occasion de l’Aïd el-Fitr.

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