Égypte - Le climat demeure explosif

Le Caire — Alors que les nouveaux dirigeants égyptiens tentent d'arrêter leur choix sur un candidat pouvant occuper le poste de premier ministre, les Frères musulmans et leurs opposants se mobilisent et lancent un nouvel appel aux manifestations.
 
Le climat demeure explosif dans les rues de l'Égypte depuis que l'armée du pays a chassé du pouvoir le président islamiste Mohammed Morsi. Il y a deux jours, des affrontements entre les différents camps ont fait au moins 36 morts et plus de 1000 blessés aux quatre coins du pays.
 
L'armée a prévenu dimanche que la sécurité serait renforcée en prévision de ces nouvelles manifestations, déconseillant le recours à des «actions de provocation». Lors des combats de vendredi, les soldats s'étaient rangés dans le camp des anti-Morsi. Lors d'un épisode en particulier, l'armée a même ouvert le feu sur des partisans du président chassé du pouvoir.
 
Dans un message publié dimanche sur Facebook, le leader suprême des Frères musulmans, Mohammed Badie, a écrit que «les leaders de ce coup [d'État] inconstitutionnel continuent à commettre de graves violations contre le peuple égyptien».
 
Pendant ce temps, les dirigeants internationaux continuent à suivre de près l'évolution de la situation. L'envoyé spécial pour le Proche-Orient Tony Blair a pour sa part déclaré que le coup militaire ayant mené au départ de Mohammed Morsi était inévitable — l'alternative aurait été chaotique, a écrit l'ancien premier ministre britannique dans une tribune dominicale du journal Observer.
 
L'Iran est de l'avis contraire. Dans sa première réaction officielle aux événements de mercredi soir dernier, le ministre des Affaires étrangères a affirmé que la destitution de Morsi était «inappropriée», selon les propos rapportés par l'agence de presse nationale IRNA.
 
Le nouveau président de l'Égypte Adly Mansour avait annoncé samedi que le leader réformiste Mohamed El-Baradei avait été nommé premier ministre intérimaire avant de revenir plus tard sur cette décision et mentionner que les consultations se poursuivaient. Un politicien proche de M. El-Baradei a expliqué que ce changement d'avis était dû aux objections d'un parti islamiste ultraconservateur avec lequel la nouvelle administration veut coopérer.
 
Maggie Michael, Associated Press

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