Afrique du sud - Mandela est-il dans un état végétatif?

L'entrée de la Mediclinic Heart Hospital, où de nombreux citoyens sud-africains sont venus rendre hommage à l'ancien président.
Photo: Markus Schreiber Associated Press L'entrée de la Mediclinic Heart Hospital, où de nombreux citoyens sud-africains sont venus rendre hommage à l'ancien président.

L’ancien président sud-africain Nelson Mandela est plongé dans « un état végétatif » et, sur les conseils de médecins, sa famille a envisagé de débrancher la machine qui le maintenait en vie, selon un document judiciaire du 26 juin.

« Il est dans un état végétatif permanent et sous assistance respiratoire », peut-on y lire. « Les médecins ont conseillé à la famille Mandela de débrancher la machine qui le maintient artificiellement en vie. Plutôt que de prolonger ses souffrances, la famille Mandela envisage cette option », ajoutait son auteur, l’avocat David Smith.


La présidence sud-africaine a démenti jeudi soir que Mandela soit plongé dans un état végétatif. Nelson Mandela «demeure dans un état critique mais stationnaire. Les médecins démentent que l’ancien président soit dans un état végétatif», affirme la présidence dans un communiqué tardif.


Le document n’était pas censé être rendu public. Il a été rédigé à l’intention du tribunal régional de Mthatha, pour soutenir une plainte déposée par une partie de la famille afin d’obtenir le rapatriement des corps de trois des enfants de Nelson Mandela dans le village de Qunu.


Le document, qui s’achève par les mots « Ils attendent d’enterrer leur père et grand-père » a été présenté au tribunal de Mthatha (sud) jeudi. Il soutenait une plainte déposée par une partie de la famille pour obtenir le rapatriement des corps de trois des enfants de Nelson Mandela dans le village de Qunu, où le héros de la lutte anti-apartheid souhaite être enterré.


La présidence a refusé de commenter le contenu de la plainte. « De notre point de vue fondé sur les rapports des médecins, l’état de l’ancien président est critique mais stable à ce stade », a répété le porte-parole, Mac Maharaj.


Un camarade de lutte de Mandela, Denis Goldberg, a depuis précisé que son ami était « clairement conscient » et qu’il avait « même tenté de bouger les yeux et la bouche » lors d’une visite lundi.


L’épouse du grand homme, Graça Machel, qui passe de longues heures à son chevet depuis son hospitalisation, a également tenu des propos rassurants jeudi. « Cela fait maintenant environ 25 jours que nous sommes à l’hôpital. Même si Madiba n’a pas toujours été bien, il n’a que très peu souffert », a-t-elle indiqué en marge d’une conférence de presse à Johannesburg.


Sur la base de la plainte de la famille, le tribunal de Mthatha a ordonné mercredi à l’aîné des petits-fils de Nelson Mandela, Mandla, de ramener les dépouilles de son père, sa tante et son oncle à Qunu, qu’il avait unilatéralement transférés en 2011 dans le village natal de Nelson Mandela, Mvezo.


En tant qu’aîné des garçons, Mandla, 39 ans, a le statut de chef traditionnel à Mvezo, où il envisage de créer un grand site touristique autour de la mémoire de son aïeul.


À la suite de la décision de la cour, les trois corps ont été exhumés mercredi soir sous le contrôle d’un huissier qui a dû forcer le portail de la résidence de Mandla pour atteindre le lieu des sépultures.


Les restes de Makaziwe, morte bébé en 1948, Thembekile tué dans un accident de voiture en 1969 et de Magkatho, décédé du sida en 2005, ont ensuite été transférés à Mthatha. Après avoir été formellement identifiés par un médecin légiste, ils ont été remis en terre à Qunu jeudi après-midi.

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