Le gouvernement durcit le ton face aux salafistes en Tunisie

Le premier ministre tunisien Ali Larayedh
Photo: Hassene Dridi Associted Press Le premier ministre tunisien Ali Larayedh

Tunis – Le gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda semblait lever l’ambiguïté en se disant déterminé à lutter contre la mouvance jihadiste désormais qualifiée de « terroriste », tandis que le calme était revenu lundi à Tunis après des heurts entre policiers et salafistes.


Le premier ministre Ali Larayedh, en déplacement au Qatar, a indiqué qu’environ 200 personnes avaient été arrêtées. Le ministère de l’Intérieur a annoncé lundi 274 interpellations entre vendredi et dimanche.


« Nous allons faire face [aux salafistes jihadistes] avec une extrême fermeté, mais dans le cadre de la loi. Nous serons inflexibles », a déclaré M. Larayedh.


Ce cadre d’Ennahda avait aussi tenu un discours très ferme à l’égard du mouvement salafiste Ansar Ashariaa, partie prenante dans les heurts de dimanche, dénonçant pour la première fois son implication dans le « terrorisme ».


Le parti islamiste au pouvoir a longtemps entretenu des relations ambiguës avec les jihadistes malgré leur essor depuis la révolution de janvier 2011.


Confronté à des bandes armées liées à al-Qaïda à la frontière algérienne et aux menaces de « guerre » formulées la semaine dernière par Ansar Ashariaa, le gouvernement avait déjà réagi en interdisant le congrès de ce mouvement à Kairouan (centre), entraînant le rassemblement dimanche en banlieue de Tunis, qui a dégénéré en heurts à la cité Ettadhamen.


Le ministère de l’Intérieur a aussi indiqué lundi avoir démantelé le 16 mai une « cellule terroriste » près de Kairouan préparant des attaques contre la police et l’armée.


Les affrontements de dimanche ont fait, d’après le ministère de l’Intérieur, un mort parmi les manifestants et 18 blessés dont 15 policiers.

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