Rwanda - Kigali éloigne des centaines de membres du M23 de la frontière

Une partie des membres du M23 qui se sont réfugiés au Rwanda le mois dernier.
Photo: Agence France-Presse (photo) Stéphanie Aglietti Une partie des membres du M23 qui se sont réfugiés au Rwanda le mois dernier.

Le Rwanda a éloigné de sa frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) les centaines de rebelles congolais du M23 réfugiés sur son territoire, a indiqué mardi la ministre rwandaise chargée des Réfugiés.


Ces 682 rebelles ont été envoyés à une centaine de kilomètres à l’est de la capitale Kigali.


« La décision de les délocaliser émane de l’application des conventions internationales […] qui disent que les réfugiés doivent être à plus de 50 kilomètres de la frontière » de leur pays d’origine, a affirmé la ministre, Séraphine Mukantabana. Les membres du M23 sont, selon elle, désormais dans un « centre d’internement » dans le district de Ngoma.


Ces hommes du M23, un mouvement congolais qui combat depuis un an l’armée de RDC dans la riche province minière congolaise du Nord-Kivu et que Kigali est accusée de soutenir, s’étaient réfugiés au Rwanda à la mi-mars après avoir été défaits par une faction rivale et se trouvaient jusqu’à lundi à une quinzaine de kilomètres de la frontière congolaise.


Leur chef présumé, Bosco Ntaganda, avait lui aussi passé la frontière le week-end du 16 au 17 mars, avant de rejoindre, dans des circonstances non éclaircies, l’ambassade américaine à Kigali puis d’être transféré devant la Cour pénale internationale à La Haye, qui le recherchait pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.


L’accueil réservé par Kigali à ces centaines d’hommes du M23 ont, pour des analystes, alimenté les soupçons de soutien à la rébellion. Mais selon Mme Mukantabana, le Rwanda a simplement répondu à un principe humanitaire. À leur arrivée, les militaires ont été désarmés et soumis à une procédure d’internement, a-t-elle assuré, estimant que cet accueil et ce désarmement étaient « une preuve tangible que le Rwanda n’a rien à voir avec le M23 ».


« Ce ne sont pas des prisonniers, ce sont des gens qui sont entrés dans un territoire en quête d’asile. Ils ont une restriction de mouvements, mais, à l’intérieur de leur camps d’internement, ils ont leur liberté », a-t-elle précisé, ajoutant qu’ils pouvaient recevoir des visites et allaient obtenir un soutien psychologique.


Toujours selon la ministre, il est désormais demandé à ces soldats s’ils veulent ou non renoncer à leur statut militaire « de manière définitive et volontaire ». S’ils y renoncent, une procédure débutera pour qu’éventuellement le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) leur accorde le statut de réfugié.


Si certains refusent, ils n’auront en revanche « pas droit à l’asile dans notre pays », a assuré la ministre. Dans ce cas, le Rwanda avisera de la procédure à suivre.

À voir en vidéo