«La crise n’est pas terminée au Mali», selon l’ONU

Des vendeurs de rue maliens regardent passer un véhicule blindé français. Selon sa représentation du Programme alimentaire mondial des Nations unies, l’organisme devra apporter en 2013 une assistance alimentaire à plus d’un million de personnes au Mali.
Photo: Agence France-Presse (photo) Eric Feferberg Des vendeurs de rue maliens regardent passer un véhicule blindé français. Selon sa représentation du Programme alimentaire mondial des Nations unies, l’organisme devra apporter en 2013 une assistance alimentaire à plus d’un million de personnes au Mali.

C’est dans cette région, plus particulièrement le massif des Ifoghas, que les soldats français et tchadiens mènent depuis plusieurs semaines la traque aux islamistes liés à al-Qaïda qu’y s’y sont retranchés avec leurs armes depuis leur fuite, fin janvier, des grandes villes du nord du Mali qu’ils occupaient, Gao, Tombouctou et Kidal, reprises par les armées française et africaines.


Plus au sud des Ifoghas, près de Gao, la plus grande ville du nord du Mali qui a subi en février les violences provoquées par les islamistes armés, cinq obus ou roquettes ont explosé dans la nuit de samedi à dimanche, sans faire de victimes, a-t-on appris de sources militaires française et malienne.


C’est dans ce contexte qu’une réunion internationale sur la sécurité dans la bande sahélo-saharienne entre représentants des pays voisins du Mali, de l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE) et de l’ONU, s’est tenue au niveau ministériel dimanche à Nouakchott.


À l’issue de la rencontre, « les participants sont convenus de la nécessité de ne ménager aucun effort pour consolider les avancées enregistrées par la Misma et renforcer la sécurité et la stabilité régionale ».


Encore du travail


Par ailleurs, la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, Ertharin Cousin, a déclaré dimanche à Mopti que « la crise n’est pas terminée au Mali, alors que l’attention est tournée vers le Syrie. Je voudrais par ma visite rappeler qu’il y a encore du travail à faire ici. »


Elle a visité en compagnie de Mamadou Sidibé, ministre malien chargé de l’action humanitaire, un camp de déplacés à Sévaré, localité située à 15 km de Mopti, où des centaines de personnes habitent sous des tentes et sont alimentées par le PAM et d’autres ONG.


« Nous devons redoubler de vigilance et aider jusqu’au bout ces populations dans le processus de retour dans leurs villages. La dignité humaine recommande cette démarche », selon la directrice exécutive du PAM.


Plusieurs personnes interrogées dans le camp de Sévaré ont affirmé qu’elles ne souhaitaient pas rentrer « tout de suite » dans leurs villages « à cause des problèmes de sécurité ».


« Malgré le départ des islamistes des trois principales villes du nord du Mali, ici nous sommes nombreux à ne pas vouloir retourner chez nous par crainte de leur retour », a ainsi déclaré à l’AFP Alpha Maïga, un enseignant de la région de Gao (nord-est).


Occupées pendant neuf mois en 2012 par des groupes islamistes armés liés à al-Qaïda qui y ont commis de nombreuses exactions, ces trois principales villes, Gao, Tombouctou et Kidal, ont été libérées fin janvier par une intervention armée franco-africaine.


Selon sa représentation à Bamako, le PAM apportera au total en 2013 une assistance alimentaire à plus d’un million de personnes au Mali par le biais de deux programmes.


Le premier est « une opération d’urgence » pour les personnes touchées par le conflit dans le Nord et concerne environ 650000 personnes.


Le second a pour but de « répondre aux besoins chroniques » dans le sud du Mali qui, selon le PAM, est « toujours en train de se remettre des effets de la sécheresse de 2012 ». L’aide y concerne quelque 526000 personnes.

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