Kerry réclame davantage de compromis en Égypte

John Kerry lors de son départ du Caire, dimanche
Photo: Jacquelyn Martin Associated Press John Kerry lors de son départ du Caire, dimanche

Riyad – Le secrétaire d’État américain John Kerry a demandé dimanche à l’Égypte de redoubler ses efforts pour rétablir la stabilité politique et remédier à sa profonde crise économique, tout en apportant 250 millions de dollars d’aide au président Mohamed Morsi.


Le nouveau patron de la diplomatie américaine a bouclé sa première visite au Caire par plus de deux heures d’entretiens avec M. Morsi, dont la moitié en tête en tête.


Juste avant de quitter l’Égypte pour Ryad, où il est arrivé dans la soirée, M. Kerry a réclamé au Caire « davantage d’efforts et de compromis pour rétablir l’unité, la stabilité politique et la santé économique en Égypte ».


Le ministre américain s’est félicité d’entretiens « francs et constructifs » avec le président islamiste élu en juin 2012 et a insisté sur « l’étape particulièrement cruciale des législatives » prévues fin avril pour « la transition démocratique de l’Égypte ».


Surtout, pour épauler le pays le plus peuplé du monde arabe face à sa grave crise économique, M. Kerry a octroyé 250 millions de dollars d’assistance, dont 190 millions pour soutenir le budget égyptien et 60 millions pour un fond américano-égyptien d’appui aux entreprises.


Ces 190 millions font partie d’une première tranche de 450 millions de dollars destinés à l’Égypte et pour lesquels le Congrès américain a donné son feu vert il y a une semaine.


Cette première aide, a souligné M. Kerry, est accordée après « des assurances du président Morsi » quant à la mise en oeuvre de réformes pour l’obtention d’un prêt de 4,8 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI), retardé en raison des violences politiques en Égypte.


D’après le ministre des Finances El-Morsi El-Sayed Hegazy, Le Caire pourrait s’entendre avec le FMI avant les législatives, mais nombre d’analystes pensent qu’il faudra attendre le prochain Parlement en juillet.


Pour continuer d’aider, Washington attendra que les engagements de réformes soient suivis d’effets, tant sur le volet politique (démocratisation, droits de l’Homme, société civile) que sur l’économie, expliquent des diplomates américains.


Deux ans après la chute du régime autoritaire et pro-occidental de Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire, l’Égypte reste le deuxième récipiendaire de l’aide extérieure américaine - derrière Israël - avec 1,5 milliard de dollars, surtout pour les forces armées.


Allié pendant 30 ans au régime Moubarak, Washington marche sur des oeufs avec « la nouvelle Égypte », M. Obama semblant privilégier sa relation avec le président égyptien. Pour les Américains, le dilemme est de soutenir les aspirations démocratiques des Égyptiens sans fâcher l’un de ses principaux alliés régionaux, lié à Israël par un traité de paix.

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Heurts à Port-Saïd

Le Caire – Un policier a été tué et un officier supérieur de l’armée a été blessé dimanche à Port-Saïd, dans le nord-est de l’Égypte, où des affrontements ont opposé les habitants à la police, faisant plusieurs dizaines de blessés, a annoncé l’armée égyptienne. Le policier et l’officier militaire, blessé à une jambe, ont tous deux été touchés par des coups de feu tirés par des inconnus devant le siège du gouvernorat de Port-Saïd, selon un communiqué de l’armée. Pendant la journée, des affrontements à Port-Saïd entre des habitants et la police ont fait 253 blessés, selon un bilan du ministère de la Santé, après la décision du ministère de l’Intérieur de déplacer 39 prisonniers attendant un jugement.


Le verdict, qui doit être prononcé samedi, concerne la deuxième partie des accusés dans le procès des violences qui ont fait 74 morts après un match de football dans la ville de Port-Saïd en février 2012.

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