Tunisie - Le ministre de l’Intérieur devient premier ministre

Le nouveau premier ministre tunisien Ali Larayedh
Photo: La Presse canadienne (photo) Hassene Dridi Le nouveau premier ministre tunisien Ali Larayedh

Tunis — L’islamiste Ali Larayedh, le ministre de l’Intérieur appelé vendredi à devenir premier ministre, a promis un gouvernement pour « tous les Tunisiens et Tunisiennes » pour sortir le pays d’une profonde crise, insistant sur l’égalité des sexes dès sa première allocution.

« Nous allons entrer dans la phase de composition du nouveau gouvernement qui sera celui de tous les Tunisiens et Tunisiennes compte tenu du fait que hommes et femmes sont égaux en droits et en devoirs », a dit, depuis la présidence, cette figure modérée du parti Ennahda après avoir accepté de succéder à Hamadi Jebali, démissionnaire.


Sa référence à l’égalité des sexes a une forte portée symbolique, son parti étant régulièrement accusé de vouloir revenir sur les droits des femmes, comme lorsqu’Ennahda a proposé de faire inscrire dans la Constitution « la complémentarité » homme-femme au lieu de « l’égalité » des sexes, un projet abandonné depuis. Fidèle à sa réputation d’homme de compromis, il a déclaré avoir besoin de toutes les forces vives pour « instaurer la démocratie à laquelle tous aspirent ».


M. Larayedh a été désigné dans la matinée pour former une équipe gouvernementale à même de sortir la Tunisie de sa profonde crise politique déclenchée par l’assassinat de l’opposant anti-islamiste Chokri Belaïd début février. Il a désormais 15 jours, soit jusqu’au 8 mars, pour former un cabinet qui devra obtenir la confiance de l’Assemblée nationale constituante (ANC).


D’ici là, la gestion des affaires courantes reste entre les mains de Hamadi Jebali, figure de proue des modérés d’Ennahda, qui a démissionné en début de semaine faute d’avoir réussi à imposer un gouvernement de technocrates. La direction du parti islamiste, où la frange radicale est influente, avait refusé cette idée, estimant avoir la légitimité pour diriger le pays, Ennahda ayant remporté les élections d’octobre 2011.


Le choix de M. Larayedh semble indiquer un compromis entre les deux courants du mouvement islamiste. L’opposition laïque, qui a soutenu l’initiative Jebali, et les alliés séculiers d’Ennahda - Le Congrès pour la République du président Moncef Marzouki et Ettakatol - ont répété être prêts à soutenir un gouvernement mêlant technocrates et politiques à condition que les ministères régaliens reviennent à des indépendants.


Les islamistes, qui refusent de céder le ministère de l’Intérieur, ont fait savoir cette semaine que les autres portefeuilles feraient l’objet de négociations.

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