Mali: Les islamistes résistent à Gao et à Kidal

Un soldat malien fuyait les tirs jeudi à Gao.
Photo: Agence France-Presse (photo) Frédéric Lafargue Un soldat malien fuyait les tirs jeudi à Gao.

La phase de « sécurisation » du nord-est du Mali, où sont retranchés des islamistes armés liés à al-Qaïda, paraissait jeudi loin d’être terminée, comme en témoignent l’explosion d’un véhicule près d’un camp militaire français et tchadien à Kidal et des combats à Gao.


À Kidal, un « véhicule est arrivé en filant vers le sud-ouest » de la ville et « a explosé à environ 500 mètres du camp occupé par les Français et les Tchadiens. Deux civils ont été blessés, ils sont à l’hôpital », a déclaré un élu de Kidal, information confirmée de source sécuritaire malienne.


L’explosion avait eu lieu « à moins d’un kilomètre du camp occupé par les Tchadiens et les Français ».


Les forces françaises avaient repris fin janvier le contrôle de l’aéroport de Kidal, ancien bastion islamiste, et quelque 1800 soldats tchadiens sont arrivés depuis pour sécuriser la ville.


À Gao, des combats, entamés dans la nuit de mercredi à jeudi à la périphérie de la ville entre des islamistes armés et des soldats nigériens, se sont poursuivis jeudi en centre-ville avec des soldats maliens, appuyés par l’armée française qui a fait notamment intervenir deux hélicoptères Gazelle, selon une source militaire.


Des « troupes djihadistes » ont brièvement occupé la mairie et la résidence du gouverneur avant d’être délogées par les forces maliennes appuyées par les troupes françaises, a déclaré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Le palais de justice a en partie été incendié lors des combats, de même qu’une une station-service.


Le groupe islamiste armé qui a occupé Gao pendant neuf mois en 2012, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), a affirmé avoir envoyé des combattants dans la ville, pour la « libérer des mécréants ».


Il n’a pas précisé leur nombre, mais a affirmé que « la bataille ne faisait que commencer » pour reconquérir Gao, Kidal et Tombouctou.


Gao a été reprise au Mujao le 26 janvier par les soldats français et maliens. Les 8 et 9 février, elle a été le théâtre des deux premiers attentats-suicides de l’histoire du Mali commis par deux kamikazes morts en se faisant exploser contre un poste de contrôle de l’armée malienne.


Le lendemain, de violents combats de rue avaient eu lieu dans le centre-ville entre des soldats français et maliens et des combattants jihadistes, faisant au moins cinq morts et 17 blessés.

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