Égypte: l’opposition s’ouvre à un dialogue avec le pouvoir

Des dirigeants de la principale coalition de l’opposition en Égypte ont appelé mercredi à une réunion d’urgence avec le pouvoir, laissant entrevoir un possible dialogue alors que le pays est plongé dans une nouvelle crise.


Deux nouveaux décès ont été signalés mercredi lors d’affrontements entre manifestants et policiers près de la place Tahrir au Caire.


Le président islamiste Mohamed Morsi, cible de la colère de nombreux manifestants, a décrété l’état d’urgence et un couvre-feu dans trois provinces longeant le canal de Suez, théâtre des violences les plus meurtrières.


Depuis son instauration, le couvre-feu a systématiquement été bafoué à Port-Saïd, Suez et Ismaïliya.


Dimanche soir, M. Morsi avait aussi appelé à un dialogue national, rejeté par la principale coalition de l’opposition, le Front du salut national (FSN), qui l’avait qualifié de « vide de sens » et appelé à manifester vendredi.


Mais le coordinateur du FSN, Mohamed ElBaradei, a infléchi sa position mercredi en appelant à une réunion d’urgence avec M. Morsi, sa formation le Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ, islamiste), les ministres de l’Intérieur et de la Défense ainsi que le courant salafiste, dont un représentant s’est improvisé médiateur.


« L’arrêt de la violence est la priorité », a-t-il ajouté dans un twitt, tout en conditionnant la participation à un « dialogue sérieux » à certaines garanties, au premier rang desquelles « la formation d’un gouvernement de salut national et une commission pour amender la Constitution ».

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