En Égypte, le cycle infernal de la violence se déclenche à nouveau


	L’Égypte est toujours dans la tourmente. Alors que des partisans du club de soccer d’Al-Ahly célébraient l’annonce de la condamnation à mort de 21 personnes (sur la photo) au Caire, de violents heurts survenaient dans la ville de Port Saïd, faisant plus d’une cinquantaine de morts et des centaines de blessés.
Photo: Agence France-Presse (photo) Khaled Desouki
L’Égypte est toujours dans la tourmente. Alors que des partisans du club de soccer d’Al-Ahly célébraient l’annonce de la condamnation à mort de 21 personnes (sur la photo) au Caire, de violents heurts survenaient dans la ville de Port Saïd, faisant plus d’une cinquantaine de morts et des centaines de blessés.
Dans un discours à la nation, au ton ferme, retransmis en direct à la télévision, M. Morsi a en outre appelé les dirigeants de l’opposition à un dialogue national lundi, au moment où le pays traverse une crise politique aggravée par ces violences.

Le président égyptien a aussi menacé de prendre « d’autres mesures exceptionnelles » si les émeutes reprennent.

« Je suis contre les mesures exceptionnelles mais j’avais dit que si j’y étais contraint, je le ferais pour éviter que le sang ne coule et pour protéger les citoyens. Et me voilà les imposant », a poursuivi le président.

« Si je vois que les fils de la nation ou les institutions ou biens publics ou privés sont en danger, je serais contraint de faire encore plus », a-t-il dit en allusion à d’autres mesures exceptionnelles. « Je le ferai pour l’intérêt de l’Égypte. C’est mon devoir et je n’hésiterai pas un instant ».

Trois personnes ont été tuées et plus de 400 autres blessées dimanche à Port Saïd dans les graves violences qui secouaient cette ville du nord-est de l’Égypte pour la deuxième journée consécutive, après la condamnation à mort de 21 supporteurs de football locaux.

Les trois personnes, dont un jeune homme de 18 ans atteint à la poitrine par une balle, ont été tuées en marge des funérailles d’une partie des 31 victimes de la veille, selon des sources médicales. Plus de 430 personnes ont également été blessées en marge de ces obsèques qui ont réuni des milliers de personnes.

Des coups de feu d’origine indéterminée ont été entendus pendant que les dépouilles, enveloppées dans des linceuls blancs, étaient transportées d’une mosquée vers le cimetière, provoquant un mouvement de panique dans la foule puis des scènes d’émeute, ont rapporté des témoins.
 
Le bilan officiel fait état de 31 morts samedi, dont deux policiers pour qui des funérailles militaires ont été organisées au Caire.

Les violences ont éclaté juste après la condamnation à mort samedi de 21 supporteurs du club de football local Al-Masry, pour leur implication dans des violences ayant fait 74 morts en février 2012, après un match contre une équipe du Caire, Al-Ahly.

Des proches des condamnés à mort ont alors essayé de prendre d’assaut la prison où ces derniers sont détenus. Des habitants de Port Saïd ont aussi attaqué deux postes de police.

Des médecins ont indiqué à l’AFP que toutes les victimes de samedi avaient été tuées par balles réelles. Des militaires ont pris position depuis samedi dans la ville portuaire située à l’entrée nord du canal de Suez, pour protéger les bâtiments publics et les sites sensibles.

Beaucoup d’Égyptiens estiment que les violences de l’an dernier à Port Saïd ont été orchestrées par la police ou par des partisans du président déchu Hosni Moubarak.

Anniversaire sanglant

Dès vendredi, plusieurs villes d’Égypte, dont Le Caire, ont connu des troubles à l’occasion du deuxième anniversaire du début du soulèvement ayant conduit à la chute de Hosni Moubarak.

Les affrontements entre forces de l’ordre et opposants au président Morsi ont fait neuf morts et des centaines de blessés, reflétant les profondes divisions politiques dans le pays et les tensions persistantes entre la police et une partie de la population.

Au Caire, des accrochages sporadiques ont continué d’opposer dimanche de petits groupes de jeunes à des policiers près de la place Tahrir, selon la télévision publique.

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