Mali: scission au sein du groupe Ansar Dine

Les soldats du contingent africain sont arrivés jeudi à Merkala.
Photo: Eric Feferberg Les soldats du contingent africain sont arrivés jeudi à Merkala.

L’aviation française a mené jeudi des raids aériens au sud de Gao dans le nord-est du Mali, près de la frontière nigérienne, au moment où des islamistes touareg issus du groupe armé Ansar Dine créaient un nouveau mouvement prônant une solution pacifique»au conflit.


Les avions français ont frappé dans la nuit de mercredi à jeudi des positions des groupes islamistes armés à Ansongo, localité située à 80 kilomètres au sud de Gao et à une distance équivalente de la frontière nigérienne, selon des sources de sécurité du Mali et du Niger.


Plus de 2000 soldats tchadiens et 500 nigériens sont en cours de déploiement à Ouallam au Niger, non loin de la frontière malienne. Ils seraient chargés d’ouvrir une nouvelle voie pour aller chasser les groupes islamistes armés au Mali, dans le cadre de la force d’intervention africaine, sous mandat de l’ONU, chargée de relayer à terme l’armée française au Mali, selon des sources militaires.


Au Niger, un important convoi de soldats tchadiens est arrivé jeudi matin à Niamey.


Ces nouveaux raids français ont lieu alors que l’un des trois groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, Ansar Dine, s’est scindé en deux, une partie de ses membres appelant jeudi à une solution pacifique.


Le nouveau groupe s’appelle Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), l’Azawad étant le nom que les Touaregs donnent au Nord du Mali.


«Le MIA affirme de la manière la plus solennelle qu’il se démarque totalement de tout groupe terroriste, condamne et rejette toute forme d’extrémisme et de terrorisme et s’engage à les combattre», affirme-t-il dans un communiqué reçu par l’AFP.


«Le MIA réaffirme son indépendance et sa volonté d’aller vers une solution pacifique» à la crise au Mali, ajoute-t-il. Le nouveau groupe dit occuper la région de Kidal, à plus de 1500 ki;omètres au nord-est de Bamako. Le MIA demande à Bamako et à Paris un arrêt des hostilités pour entamer un «dialogue politique inclusif» .


Ce nouveau mouvement, dont le secrétaire général Alghabasse Ag Intalla est issu d’une des grandes familles touareg de la région de Kidal, dit être issu de l’aile modérée d’Ansar Dine, groupe dirigé par un ex-rebelle touareg malien, Iyad Ag Ghaly.


Depuis des mois, des médiateurs ouest-africains et algériens tentaient de dissocier Ansar Dine des deux autres groupes islamistes armés présents dans le nord du Mali, en grande partie composés d’étrangers: Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO).

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