République démocratique du Congo - Le M23 dirigé par un ministre rwandais, selon l’ONU

Des rebelles du M23 en juillet dernier près de Mabenga.
Photo: Agence France-Presse (photo) Phil Moore Des rebelles du M23 en juillet dernier près de Mabenga.

Un rapport confidentiel des Nations unies accuse le Rwanda et l’Ouganda de continuer à armer les rebelles du mouvement M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), allant jusqu’à dire que le ministre rwandais de la Défense commande de facto la rébellion.


Selon ce rapport, « le gouvernement du Rwanda continue de violer l’embargo sur les armes [imposé en RDC] en fournissant un soutien militaire direct aux rebelles du M23, en facilitant leur recrutement […] ainsi qu’en [leur] fournissant armes, munitions et conseils politiques ».


« De hauts responsables du gouvernement ougandais ont aussi fourni un appui au M23 sous forme de renforts directs de troupes sur le territoire de la RDCongo, de livraisons d’armes, d’assistance technique, etc. », ajoute le texte.


Le rapport ajoute que « la chaîne de commandement du M23 inclut le général Bosco Ntaganda et qu’elle a à sa tête le ministre rwandais de la Défense, le général James Kabarabe ».


Le général mutin congolais Bosco Ntaganda est l’un des protagonistes des combats dans les Kivus (est de la République démocratique du Congo). La Cour pénale internationale a délivré en juillet un mandat d’arrêt contre lui pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.


Le rapport affirme aussi que des unités ougandaises et rwandaises « ont soutenu ensemble le M23 dans une série d’attaques en juillet 2012 pour prendre le contrôle des principales localités du Rutshuru ainsi que de la base » militaire de Rumangabo tenue par les forces gouvernementales congolaises.


Toujours d’après le rapport, le recrutement d’enfants soldats par des groupes rebelles, en particulier par le M23, a augmenté. Plusieurs commandants du M23 ont ainsi ordonné l’enrôlement « de centaines de jeunes garçons et filles » et certains commandants ont procédé à des exécutions sommaires de « dizaines de recrues et de prisonniers de guerre ».


Les mêmes experts, chargés de surveiller l’application des sanctions de l’ONU en RDCongo, avaient publié en juin dernier un premier rapport intérimaire où ils disaient disposer de preuves accablantes que des hauts gradés de l’armée rwandaise « dans l’exercice de leurs fonctions officielles soutiennent les rebelles en leur fournissant des armes, du ravitaillement militaire et de nouvelles recrues ».


Le Rwanda et l’Ouganda ont toujours démenti les accusations de soutien à la rébellion du M23.


La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a accusé mercredi les auteurs du rapport de « mener une campagne politique » et de passer sous silence « les véritables causes du conflit » en RDCongo.


Le Mouvement du 23 mars (M23) est formé par d’anciens rebelles qui, après avoir été intégré en 2009 dans l’armée congolaise, se sont ensuite mutinés et affrontent depuis mai dernier l’armée régulière de la RDC.

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