Élection présidentielle égyptienne - Les autorités électorales reportent sine die la publication des résultats du second tour

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	Les Frères musulmans (et leurs enfants) à la place Tahrir</div>
Photo: Agence Reuters Suhaib Salem
Les Frères musulmans (et leurs enfants) à la place Tahrir

Le Caire —- Les autorités électorales égyptiennes ont reporté hier l’annonce du vainqueur de l’élection présidentielle, attendue aujourd’hui, à une date non précisée, faisant augmenter la tension alors que les deux candidats du deuxième tour se sont chacun proclamés vainqueurs au cours des derniers jours.

Dans cette atmosphère de confusion politique, les Frères musulmans ont affirmé hier être victimes d’une campagne de salissage visant à maintenir leur candidat, Mohammed Morsi, loin de la présidence. Ces accusations font craindre de nouveaux troubles en Égypte si l’ex-premier ministre Ahmed Shafiq, considéré comme une extension de l’ancien régime, est déclaré gagnant de la présidentielle.
 
Ces tensions s’ajoutent à la confusion quant à l’état de santé de l’ancien président Hosni Moubarak. Mardi soir, les médias officiels ont rapporté que l’ex-président, âgé de 84 ans, avait souffert d’une attaque vasculaire cérébrale et avait été placé sous assistance respiratoire. L’agence officielle MENA avait même affirmé qu’il était en état de mort clinique.
 
Coma

Moubarak a été transféré de la prison de Torah, où il était détenu depuis le 2 juin, vers l’hôpital militaire de Maadi, au sud du Caire.
 
Hier, des responsables de la sécurité ont affirmé que l’ancien président était plongé dans le coma, mais que son coeur et ses autres organes vitaux fonctionnaient, et qu’il n’était pas maintenu en vie artificiellement comme certains médias l’ont affirmé la veille.
 
L’ambiguïté quant à son état de santé a alimenté le scepticisme de la population. De nombreux Égyptiens soupçonnent les responsables militaires au pouvoir d’accorder un traitement de faveur à leur ancien patron. Plusieurs estiment que la dégradation de son état de santé, annoncée plusieurs fois depuis son incarcération, n’est qu’un prétexte pour le faire sortir de prison.
 
L’annonce du successeur élu d’Hosni Moubarak devait être un point tournant dans la transition démocratique en Égypte. Mais le transfert du pouvoir semble désormais préparer une possible confrontation entre les Frères musulmans et les militaires et fidèles de l’ancien régime, plus favorables à la candidature d’Ahmed Shafiq.
 
« Il est clair qu’il y a une profonde division entre l’armée et les Frères musulmans », a estimé Montasser el-Zayat, militant islamiste et défenseur des droits de la personne bien connu dans le pays. « Cela suggère que les prochains jours seront probablement difficiles pour l’Égypte et les Égyptiens. »
 
Des centaines de partisans des Frères musulmans campaient sur la place Tahrir hier soir pour dénoncer les militaires. Ils ont promis de rester sur la place jusqu’à ce que le Parlement, dissous sur ordre de la Cour constitutionnelle, soit rétabli dans ses fonctions.
 
400 plaintes

La commission électorale égyptienne a annoncé hier dans un communiqué que les résultats de la présidentielle ne seraient pas annoncés aujourd’hui comme prévu parce qu’une commission de juges doit analyser les quelque 400 plaintes déposées par les équipes des deux candidats à la présidentielle. La commission n’a pas dit à quel moment le vainqueur serait annoncé.
 
Certaines de ces plaintes ont été rendues publiques hier soir. Les avocats d’Ahmed Shafiq dénoncent des fraudes dans 14 des 27 provinces égyptiennes. Selon eux, les bulletins de vote envoyés dans ces provinces étaient déjà marqués en faveur de Mohammed Morsi.
 
Les avocats du camp Morsi affirment quant à eux que des soldats figuraient sur la liste des électeurs, en violation des règles électorales, ainsi que des personnes décédées.

Selon des responsables de la sécurité, plusieurs employés de la presse officielle, où les bulletins de vote ont été imprimés, sont interrogés par les procureurs au sujet des allégations voulant que des milliers de bulletins aient été remplis d’avance en faveur du candidat des Frères musulmans.
2 commentaires
  • Zohra Joli - Inscrit 21 juin 2012 08 h 38

    Pauvre Égypte

    Que c'est triste, alors que c'etait une des plus belles révolutions dans ce coin du monde...Qui est en arrière de cette situation qui affaiblit l'Egypte et ne profite qu'à ses ennemis, en particulier Israel ??
    On connaît hélas la réponse.

  • Rodrigue Guimont - Inscrit 21 juin 2012 14 h 15

    La vieillesse éternelle

    «Des responsables de la sécurité ont affirmé que l’ancien président [Moubarak né en 1928] était plongé dans le coma, mais que son cœur et ses autres organes vitaux fonctionnaient… »

    Sait-on seulement que son vieil ennemi Ariel Sharon, également né en 1928, est maintenu en vie artificiellement depuis 2006? Comme quoi la vieillesse éternelle est possible en politique.