Le FNLA dit avoir quitté Tombouctou sur injonction d’al-Qaïda

Abidjan - Le Front national de libération de l’Azawad (FNLA), composé d’Arabes de la région de Tombouctou, qui avait pris hier le contrôle d’une partie de cette ville du Nord du Mali, a annoncé avoir quitté les lieux à la demande d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

«Abou Zéid, le chef d’Aqmi lui-même, nous a demandé de quitter nos positions de Tombouctou. Pour éviter un carnage dont les premières victimes seront les populations civiles, nous avons quitté la ville», a déclaré Ahmed Ould Chérif, l’un des responsables du FNLA.


«Les combattants du FNLA ont quitté la ville de Tombouctou vendredi soir. C’est Aqmi qui a demandé leur départ», a confirmé une source sécuritaire malienne.


Hier matin, le FNLA avait pénétré jusqu’au centre-ville de Tombouctou dont il avait pris la veille le contrôle des entrées est et sud.


«Environ cent véhicules chargés de combattants armés du FNLA sont venus aujourd’hui au quartier Sans Fil de Tombouctou. Ils sont armés jusqu’aux dents», avait déclaré une source sécuritaire malienne dans la ville, information confirmée par des témoins et un membre du FNLA.


Ce dernier, Ahmed Ould Mamoud, avait déclaré que les combattants du FNLA venaient «défendre et protéger» la région «de Tombouctou à Taoudenit», plus au nord.


Créé courant avril, le FNLA affirme n’être ni sécessioniste ni islamiste, contrairement aux deux autres groupes armés qui contrôlent Tombouctou, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg indépendantiste) et surtout, les islamistes d’Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghaly et soutenu par Aqmi.

 

Soldats déployés


Par ailleurs , la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) va déployer au moins 3000 soldats au Mali pour entraîner et rééquiper l’armée malienne après le coup d’État du mois de mars, ont annoncé des responsables jeudi soir.


Kadré Désiré Ouédraogo, président de la commission de la CEDEAO, a annoncé que l’organisation avait autorisé le déploiement immédiat d’une force de réserve au Mali.


Des soldats mutins ont renversé le président démocratiquement élu du Mali le 22 mars. Depuis, la junte a transféré le pouvoir à un gouvernement intérimaire civil dans le cadre d’un accord négocié par la CEDEAO. Mais des questions subsistent sur le rôle que les militaires vont jouer dans l’avenir politique du pays.


Le Mali est aussi aux prises avec une rébellion dans le nord du pays, où des rebelles séparatistes touaregs ont déclaré l’indépendance, en plus des militants islamistes qui ont tiré profit de l’instabilité pour imposer la loi islamique dans la région.


Le sous-ministre de la Défense de la Côte d’Ivoire, Paul Koffi Koffi, a affirmé jeudi que l’organisation régionale enverrait «au moins 3000 soldats au Mali». Un responsable militaire a déclaré, sous le couvert de l’anonymat, que la mission des soldats serait d’appuyer les forces armées maliennes.


Dans une déclaration télévisée le mois dernier, le chef des putschistes, le capitaine Amadou Sanogo, avait demandé aux partenaires du Mali de fournir de l’équipement et une aide logistique, mais a indiqué qu’il ne voulait pas que des forces étrangères contribuent à la reprise du nord du pays aux mains des rebelles.


La CEDEAO a aussi annoncé jeudi le déploiement de 600 autres soldats en Guinée-Bissau, où des militaires se sont emparés du pouvoir quelques semaines après le coup d’État au Mali.