Mali : des diplomates algériens sont enlevés dans le nord du pays

En dépit du chaos et de l’incertitude qui sévissent au pays, la vie suivait son cours hier à Bamako.
Photo: Agence Reuters Luc Gnago En dépit du chaos et de l’incertitude qui sévissent au pays, la vie suivait son cours hier à Bamako.

Bamako — Des diplomates algériens ont été enlevés hier dans le nord du Mali, région conquise par des rebelles touaregs et des islamistes, au moment où une levée des sanctions imposées par l'Afrique de l'Ouest contre la junte au pouvoir depuis deux semaines est évoquée.

C'est à Gao, dans le Nord-Est, que le consulat d'Algérie a été occupé par des islamistes armés qui contrôlent la ville y ont hissé le drapeau salafiste noir et ont «arrêté des diplomates algériens», selon des témoins. Alger a confirmé qu'un groupe d'assaillants «non identifiés » ont emmené le consul et six de ses collaborateurs.

«Nous travaillons ensemble [avec la junte] pour créer les conditions de levée» des sanctions diplomatiques et économiques imposées depuis lundi par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a déclaré le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, envoyé à Bamako du médiateur ouest-africain, le président Blaise Campaoré du Burkina Faso.

«Je pense que ce sera pour très bientôt», a affirmé M. Bassolé, promettant de prochaines annonces «dans la bonne direction» du chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo.

La CEDEAO a également annoncé «la mise en place immédiate de la force d'attente» de l'organisation ouest-africaine, entre 2000 et 3000 hommes déjà en alerte. Les modalités du déploiement de cette force étaient en cours de discussion lors d'une réunion des chefs d'état-major hier à Abidjan.

Désastre humanitaire

Le nord du pays est «au bord d'un désastre humanitaire majeur», a affirmé hier Amnesty international, rapportant notamment des cas de jeunes filles enlevées.

L'assistance humanitaire doit reprendre au plus vite au Mali, où la situation est de plus en plus critique, en particulier pour les dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats depuis mi-janvier, a écrit de son côté le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) dans un communiqué.

Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont pris le dessus sur le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), qui a annoncé unilatéralement mercredi soir la fin de ses «opérations militaires».

Selon ce mouvement touareg laïc, le cessez-le-feu tient compte «de la libération complète de l'Azawad», région naturelle considérée comme le berceau des Touareg et dont ils revendiquent l'indépendance, mais aussi «de la forte demande de la communauté internationale».