Nigeria: les syndicats interrompent la grève

Abuja — Les syndicats ont annoncé hier la suspension de leur mouvement de grève après une concession du pouvoir et une intervention massive des forces de sécurité.

La grève avait commencé lundi 9 janvier, après la suppression des subventions aux carburants qui avait provoqué une flambée des prix à la pompe dans le plus important âys producteur de pétrole d'Afrique.

À Lagos, la métropole économique, quelque 300 manifestants ont protesté dans la rue, jugeant insuffisant le geste du président Goodluck Jonathan qui avait annoncé dans la matinée une baisse du nouveau prix de l'essence d'environ 30 %. Les forces de sécurité ont tiré en l'air et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, tandis que les autorités prenaient des mesures pour empêcher les rassemblements dans le pays.

Toujours à Lagos, la police a effectué un raid dans les bureaux de la chaîne de télévision CNN, sans qu'on sache si cette intrusion était liée au mouvement de protestation.

La police a averti hier, quelques heures après la suspension de la grève, que tout manifestant serait arrêté et ceux appelant à un «changement de régime» seraient poursuivis pour trahison. «Dorénavant, toute personne continuant à manifester sera arrêtée et déférée immédiatement au tribunal. Tout individu ou groupe d'individus appelant à un changement de régime avant la fin de la présente législature commet une trahison et sera arrêté et poursuivi en justice, peu importe qui il ou elle est», selon un communiqué officiel.

Pour la première fois depuis le début du mouvement lancé le 9 janvier, des soldats armés avaient érigé hier matin des barrages aux points stratégiques de la capitale économique du Nigeria. Ils ont interdit notamment l'accès à un parc, principal lieu des grandes manifestations de la semaine dernière.