Vers la fin des «tests de virginité» en Égypte

Manifestation contre les tests de virginité hier au Caire<br />
Photo: Agence Reuters Manifestation contre les tests de virginité hier au Caire

Le Caire — La justice égyptienne a donné ordre hier à la police militaire d'arrêter de pratiquer des tests de virginité sur des détenues, une décision qui n'a pas lieu d'être selon la justice militaire.

Samira Ibrahim, militante égyptienne, avait porté plainte contre le conseil militaire au pouvoir après avoir, selon ses dires, subi un tel «examen» à la suite de son arrestation en mars sur la place Tahrir du Caire.

Des organisations de défense des droits de l'homme affirment que plusieurs autres cas de tests de virginité ont été signalés dans des prisons militaires.

«Le tribunal ordonne l'arrêt des procédures de tests de virginité sur des filles dans les prisons militaires», a dit le juge Ali Fekri, président du tribunal du Caire.

Des centaines d'activistes ont salué le verdict à l'intérieur du tribunal.

Il s'agit cette semaine de la deuxième décision judiciaire favorable à des opposants de l'armée. Dimanche, la justice a ordonné la libération d'un blogueur détenu par l'armée depuis deux mois.

Dans un communiqué publié par l'agence de presse officielle Mena, le président de l'Autorité judiciaire militaire affirme que cette décision ne peut être appliquée car l'armée n'a pas imposé des tests de virginité aux détenues.

Si quelqu'un en a pratiqué, il s'agit d'un acte individuel qui réclame une enquête criminelle, ajoute-t-il.

En mai, un responsable de l'armée affirmé que ces examens étaient pratiqués pour que l'armée ne soit pas accusée plus tard de violer les détenues.

Âgée de 25 ans, Samira Ibrahim, originaire de Sohag (Haute-Égypte) et responsable du marketing dans une entreprise privée, avait été arrêtée le 9 mars lors d'une manifestation pro-démocratie au Caire.

Dans des vidéos postées sur le site YouTube, elle raconte qu'elle-même et d'autres femmes ont été électrocutées par des militaires «qui nous ont insultées et accusées de venir d'une maison close».

Elle ajoute que le groupe a été battu toute une nuit, avant d'être transféré dans une prison militaire. «Un officier a dit qu'on allait voir si nous étions des prostituées ou non», avant de faire procéder à ces tests sous couvert de contrôle médical.

La militante a également porté plainte devant la justice militaire contre le soldat ayant selon elle procédé à ce test de virginité forcé.

Un responsable de la justice militaire a dit la semaine dernière que tous les cas avaient été transmis à la Cour suprême militaire et que les soldats accusés d'avoir participé à des affrontements violents ou d'avoir violé les droits de l'homme seraient poursuivis.