Saïf al-Islam a franchi la frontière

Saïf al-Islam al-Kadhafi, fils du défunt Mouammar al-Kadhafi recherché par la Cour pénale internationale (CPI), a franchi la frontière de la Libye avec le Niger, a déclaré hier un responsable du Conseil national de transition (CNT).

Craignant pour sa vie s'il est capturé en Libye, Saïf al-Islam semble tenter de se rendre à la CPI, mais n'a pas encore trouvé le moyen d'y parvenir, a dit le responsable.

«Il y a un contact avec le Mali, l'Afrique du Sud et un autre pays voisin pour organiser sa sortie. [...] Il n'a pas encore reçu de confirmation, il attend toujours», a ajouté le responsable du CNT, qui a demandé à conserver l'anonymat.

Les négociations sur la reddition de Saïf al-Islam posent des défis logistiques et sécuritaires à la CPI, qui examine plusieurs scénarios afin de le traduire devant la justice.

La juridiction internationale basée à La Haye a accusé Mouammar al-Kadhafi, Saïf al-Islam et l'ancien chef des services de renseignements, Abdallah al-Senoussi, de crimes contre l'humanité pour avoir ouvert le feu sur les civils qui manifestaient en février.

Selon une source proche du Conseil national de transition (CNT), Saïf al-Islam a demandé un avion, probablement avec l'aide d'un pays voisin, pour sortir du désert et se livrer à la CPI. Si l'accord est conclu, il sera transféré à La Haye où la CPI partage une unité de détention avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

Pour l'heure, la CPI essaye d'obtenir confirmation auprès du CNT que Saïf al-Islam souhaite bien se rendre et réfléchit à divers scénarios pour le transférer, a déclaré son porte-parole, Fadi el-Abdallah.

L'acheminement de Saïf al-Islam jusqu'à La Haye posera des problèmes logistiques étant donné qu'il se cache dans une zone reculée du désert libyen. L'une des solutions serait de faire appel aux Nations unies, qui ont déjà transporté un suspect par hélicoptère au Soudan pour des pourparlers de paix, sans que cela ne donne lieu à une arrestation. Si Saïf al-Islam devait passer au Niger, pays membre de la CPI, le gouvernement nigérien aurait l'obligation de l'arrêter.

Le fils du guide libyen, âgé de 39 ans, a pris la fuite après la capture et la mort de son père, tué il y a une semaine alors qu'il tentait de fuir Syrte.
1 commentaire
  • michel lebel - Inscrit 28 octobre 2011 11 h 32

    Pour la justice et la vérité

    Il serait bon que le fils de Khadafi soit traduit devant la cour de La Haye. Pour savoir ce qui se passsait vraiment en ce pays avant et durant la guerre civile. Pour que justice soit rendue. Par devoir de mémoire pour tous ces morts et blessés. Pour le progès de l'humanité. Pour la vérité.

    Michel Lebel