Pour sortir de l'instabilité - Début du processus de réconciliation en Côte d'Ivoire

Alassane Ouattara
Photo: Agence France-Presse (photo) Saul Loeb Alassane Ouattara

Yamoussoukro — Le nouveau président Alassane Ouattara a inauguré hier, à Yamoussoukro, la commission sur le dialogue, la vérité et la réconciliation (CDVR) chargée de panser les plaies du conflit meurtrier qui a ébranlé la Côte d'Ivoire après l'élection du 28 novembre 2010.

Le processus de réconciliation est considéré comme vital pour rétablir la stabilité politique et la prospérité économique dans le pays.

Les Ivoiriens qui reconnaîtront devant cette commission leurs fautes — le conflit post-électoral s'est soldé par plus de 3000 morts et le déracinement d'un million de personnes — pourraient être pour certains amnistiés.

Ceux qui ont commis les crimes les plus graves devraient être traduits devant la justice.

Un groupe international de sages fondé par Nelson Mandela, premier président noir de l'Afrique du Sud et Prix Nobel de la paix, a estimé que les sanctions devraient être rendues équitablement pour les fautifs dans les deux camps.

«La perception de la mise en oeuvre d'une 'justice des vainqueurs' porterait fortement atteinte au processus de réconciliation», met ainsi en garde Mgr Desmond Tutu, ancien archevêque du Cap et l'une des figures historiques de la lutte contre l'apartheid.

Le prélat anglican, qui préside ce groupe de sages, a émis le voeu que la commission ivoirienne soit impartiale et indépendante, en se gardant de livrer des conclusions hâtives.

La Côte d'Ivoire a basculé dans des violences politico-ethniques fin 2010 après le refus du président sortant, Laurent Gbagbo, de reconnaître sa défaite électorale. Le pays a connu des soubresauts tragiques, ponctués de règlements de comptes et d'exactions, jusqu'à l'arrestation de Gbagbo le 11 avril 2011.