Tunisie : inquiétude autour d'une circulaire du Canada

Montréal — Des Tunisiens du Canada ont exprimé leur inquiétude, hier, au sujet de limites que le gouvernement d'Ottawa pourrait imposer à leur droit de vote pour l'élection de l'Assemblée constituante, du 20 au 22 octobre dans les locaux diplomatiques tunisiens.

Les limitations présumées découleraient d'une circulaire du ministère canadien des Affaires étrangères datée du 8 septembre et qui a été interprétée par les diplomates tunisiens comme une interdiction de vote pour leurs compatriotes établis au Canada.

La circulaire canadienne, dont l'AFP a obtenu le texte, encourage les pays étrangers à «permettre à leurs citoyens résidant de façon permanente ou temporaire au Canada d'exercer leur droit de vote» par «la voie du bulletin de vote d'un électeur absent», tout en annonçant que le gouvernement canadien «continuera de refuser en principe toute demande d'autres États d'ajouter le Canada à leurs circonscriptions électorales extraterritoriales».

Interrogé depuis lundi soir sur la signification pratique de ces deux dispositions, le ministère canadien des Affaires étrangères a indiqué hier après-midi qu'un texte apportant des précisions était en préparation.

Le Collectif solidarité Sidi Bouzid, rassemblant des opposants montréalais au régime de Ben Ali, l'a interprétée au conditionnel, disant dans un communiqué que le gouvernement canadien «aurait refusé l'ouverture de bureaux de vote dans les représentations diplomatiques tunisiennes». Il demande des explications aux autorités d'Ottawa.

De son côté, le Congrès pour la République, un parti politique tunisien, déplore que la communauté tunisienne du Canada doive défendre «un droit élémentaire en démocratie» et regrette un «manque de transparence» de la part de l'ambassadeur de Tunisie dans cette affaire.
1 commentaire
  • lephilosophe - Inscrit 21 septembre 2011 12 h 54

    Et pendant ce temps... Trabelsi se la coule douce

    Et pendant ce temps, ceux qui ont vampirisé et terrorisé la Tunisie, la belle-famille Trabelsi peut jouir de sa fortune et vivre librement à Montréal sans être inquiété. Honte au gouvernement Harper qui préfère préserver les droits d'ex-dictateurs et leurs proches et interdire aux Tunisiens ordinaires d'exercer leurs droits et devoirs démocratiques!

    Bernard Gadoua