Maroc - Des manifestants n'acceptent pas la nouvelle Constitution

Rabat — Des milliers de militants pro-démocratie ont manifesté au Maroc, hier, pour demander davantage de réformes, deux jours après que les électeurs eurent approuvé la nouvelle Constitution proposée par le roi Mohammed VI.

Les manifestations se voulaient une démonstration de la force du Mouvement du 20-Février, dont les rassemblements organisés au cours des derniers mois ont forcé le roi à amender la Constitution dans le cadre de sa propre réforme démocratique.

L'un des fondateurs du mouvement, Oussama Khlifi, a expliqué que les militants voulaient démontrer leur opposition au référendum et à la Constitution. Le Mouvement du 20-Février, qui rassemble la jeunesse marocaine, les usagers de Facebook et des membres du mouvement islamique, demande plutôt une monarchie constitutionnelle et une véritable lutte contre la corruption, entre autres.

Le pays d'Afrique du Nord de 32 millions d'habitants est touché par une vague de manifestations pro-démocratie — à l'instar d'autres États du monde arabe — qui dénoncent les salaires trop bas, l'état du système d'éducation et la corruption du gouvernement.

Le roi, qui a accédé au pouvoir en 1999, a affirmé qu'il avait répondu précisément à ces demandes dans sa proposition de Constitution. Le document a été approuvé vendredi par référendum, par 98 % des électeurs, alors que le scrutin a enregistré un taux de participation de 70 %. Des militants ont toutefois nié l'exactitude de ces chiffres.

Selon le militant Fouad Abdelmoumni, les chiffres mis en avant par le gouvernement ont incité d'autres citoyens — qui n'avaient encore jamais manifesté — à sortir dans les rues. Le rassemblement organisé à Rabat, la capitale, a attiré une foule d'environ 2000 personnes, le plus important regroupement depuis plusieurs semaines.

Il a par ailleurs accusé les autorités d'avoir usé de répression policière pour diminuer le nombre de participants aux rassemblements des dernières semaines. M. Abdelmoumni a ajouté que des partisans pro-gouvernement avaient été embauchés pour semer la pagaille avec les autres manifestants.