Ottawa envoie six CF-18 en Libye

Stephen Harper: «Si le colonel Kadhafi ne se plie pas à [la résolution du Conseil de sécurité], les Forces canadiennes, en collaboration avec les forces militaires d’autres pays, feront respecter cette résolution.»
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Stephen Harper: «Si le colonel Kadhafi ne se plie pas à [la résolution du Conseil de sécurité], les Forces canadiennes, en collaboration avec les forces militaires d’autres pays, feront respecter cette résolution.»
La résolution 1973 du Conseil de sécurité, adoptée à dix voix pour et cinq abstentions, autorise le recours à «toute mesure nécessaire» pour protéger les civils, à l'exception d'une force d'occupation. La mise en oeuvre de cette résolution sera discutée aujourd'hui à Paris lors d'un sommet extraordinaire auquel participera Stephen Harper. Les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Ligue arabe seront notamment présents.

Coincé par ce déploiement militaire, le régime de Mouammar Kadhafi a décrété hier un cessez-le-feu et a annoncé qu'il suspendait toutes ses opérations militaires. Mais sur le terrain, on rapportait encore des affrontements.

Les six CF-18 canadiens ont décollé hier après-midi de la base de Bagotville, au Saguenay, en direction de l'Italie, puisqu'ils seront basés à Trapani, en Sicile. Environ 150 militaires des bases de Bagotville et Trenton seront déployés, notamment pour l'entretien des avions. Deux appareils C-17 vont être utilisés pour le transport du personnel.

La frégate NCSM Charlottetown, qui n'avait pas réussi à se rendre à temps en mer Méditerranée pour aider à l'évacuation des Canadiens de la Libye au début du mois de mars, pourrait être utilisée dans le cadre d'un éventuel blocus naval.

Il était encore trop tôt hier pour connaître le rôle précis que vont jouer les CF-18 canadiens. Les missions peuvent aller de la simple patrouille de surveillance jusqu'à la destruction du système antiaérien libyen — le deuxième d'Afrique, après l'Égypte — à l'aide de bombardements intensifs.

Une coalition internationale

Stephen Harper a bien accueilli l'annonce du cessez-le-feu du régime libyen, mais a ajouté qu'il fallait maintenir la pression «pour que cette menace d'intervention demeure crédible». «Si le colonel Kadhafi ne se plie pas à cette résolution, les Forces canadiennes, en collaboration avec les forces militaires d'autres pays, feront respecter cette résolution», a déclaré le premier ministre.

M. Harper s'est engagé à consulter le Parlement la semaine prochaine, en plus de demander l'autorisation de la Chambre s'il devait prolonger le déploiement des CF-18 au-delà de trois mois. Le chef libéral Michael Ignatieff a indiqué que son parti appuyait la décision d'envoyer des avions, mais pas des troupes au sol, dans l'éventualité d'une escalade des actions militaires. «Cela fait 10 jours, voire deux semaines, que mon parti demande une zone d'exclusion aérienne. Nous croyons que la communauté internationale et le Canada ont une responsabilité de protéger les civils lorsqu'ils sont attaqués», a dit Michael Ignatieff.

À Londres, le premier ministre David Cameron a annoncé que des avions Tornado et Typhoon seront déployés, en compagnie d'appareils de ravitaillement et de reconnaissance. La France, l'Espagne, la Norvège, le Qatar et les États-Unis ont annoncé leurs intentions de déployer des avions dans la région. La Belgique a fait savoir qu'elle est prête à déployer six chasseurs F-16 et une frégate dans la région. Le ministre des Affaires étrangères de l'Italie, Franco Frattini, a dit qu'il est prêt à «mettre ses bases à la disposition» de la coalition. Fait à noter, l'Allemagne et la Turquie, membres de l'OTAN, ainsi que la Russie, ont annoncé qu'ils ne participeront pas à la mission.

***

Avec La Presse canadienne

À voir en vidéo