Ottawa envoie six CF-18 en Libye

Stephen Harper: «Si le colonel Kadhafi ne se plie pas à [la résolution du Conseil de sécurité], les Forces canadiennes, en collaboration avec les forces militaires d’autres pays, feront respecter cette résolution.»<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Stephen Harper: «Si le colonel Kadhafi ne se plie pas à [la résolution du Conseil de sécurité], les Forces canadiennes, en collaboration avec les forces militaires d’autres pays, feront respecter cette résolution.»

Pour la première fois depuis le conflit au Kosovo, en 1999, des avions de chasse canadiens seront déployés en zone de guerre. Le premier ministre Stephen Harper a confirmé hier l'envoi de six CF-18 pour aider à faire respecter la zone d'exclusion aérienne en Libye approuvée jeudi soir à l'ONU.

La résolution 1973 du Conseil de sécurité, adoptée à dix voix pour et cinq abstentions, autorise le recours à «toute mesure nécessaire» pour protéger les civils, à l'exception d'une force d'occupation. La mise en oeuvre de cette résolution sera discutée aujourd'hui à Paris lors d'un sommet extraordinaire auquel participera Stephen Harper. Les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Ligue arabe seront notamment présents.

Coincé par ce déploiement militaire, le régime de Mouammar Kadhafi a décrété hier un cessez-le-feu et a annoncé qu'il suspendait toutes ses opérations militaires. Mais sur le terrain, on rapportait encore des affrontements.

Les six CF-18 canadiens ont décollé hier après-midi de la base de Bagotville, au Saguenay, en direction de l'Italie, puisqu'ils seront basés à Trapani, en Sicile. Environ 150 militaires des bases de Bagotville et Trenton seront déployés, notamment pour l'entretien des avions. Deux appareils C-17 vont être utilisés pour le transport du personnel.

La frégate NCSM Charlottetown, qui n'avait pas réussi à se rendre à temps en mer Méditerranée pour aider à l'évacuation des Canadiens de la Libye au début du mois de mars, pourrait être utilisée dans le cadre d'un éventuel blocus naval.

Il était encore trop tôt hier pour connaître le rôle précis que vont jouer les CF-18 canadiens. Les missions peuvent aller de la simple patrouille de surveillance jusqu'à la destruction du système antiaérien libyen — le deuxième d'Afrique, après l'Égypte — à l'aide de bombardements intensifs.

Une coalition internationale

Stephen Harper a bien accueilli l'annonce du cessez-le-feu du régime libyen, mais a ajouté qu'il fallait maintenir la pression «pour que cette menace d'intervention demeure crédible». «Si le colonel Kadhafi ne se plie pas à cette résolution, les Forces canadiennes, en collaboration avec les forces militaires d'autres pays, feront respecter cette résolution», a déclaré le premier ministre.

M. Harper s'est engagé à consulter le Parlement la semaine prochaine, en plus de demander l'autorisation de la Chambre s'il devait prolonger le déploiement des CF-18 au-delà de trois mois. Le chef libéral Michael Ignatieff a indiqué que son parti appuyait la décision d'envoyer des avions, mais pas des troupes au sol, dans l'éventualité d'une escalade des actions militaires. «Cela fait 10 jours, voire deux semaines, que mon parti demande une zone d'exclusion aérienne. Nous croyons que la communauté internationale et le Canada ont une responsabilité de protéger les civils lorsqu'ils sont attaqués», a dit Michael Ignatieff.

À Londres, le premier ministre David Cameron a annoncé que des avions Tornado et Typhoon seront déployés, en compagnie d'appareils de ravitaillement et de reconnaissance. La France, l'Espagne, la Norvège, le Qatar et les États-Unis ont annoncé leurs intentions de déployer des avions dans la région. La Belgique a fait savoir qu'elle est prête à déployer six chasseurs F-16 et une frégate dans la région. Le ministre des Affaires étrangères de l'Italie, Franco Frattini, a dit qu'il est prêt à «mettre ses bases à la disposition» de la coalition. Fait à noter, l'Allemagne et la Turquie, membres de l'OTAN, ainsi que la Russie, ont annoncé qu'ils ne participeront pas à la mission.

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Avec La Presse canadienne
3 commentaires
  • Guillermo Navarro Garcia - Inscrit 19 mars 2011 03 h 09

    Au Bahreïn et au Yémen ensuite?

    Se débarrasser du colonel Kadhafi n'est pas forcément une mauvaise chose mais on peut honnêtement se poser des questions sur comment cette intervention principalement occidentale est justifiée.

    S'il s'agit de protéger les populations civiles que faisons nous pour le Barheïn où la police avec l'aide de l'armée saoudienne est en train de réprimer dans le sang les manifestations? Que faisons nous au Yémen où la police tire dans la foule?

    Il y a deux poids deux mesures même si le monde serait certainement un meilleur endroit sans Kadhafi.

  • Jerome Letnu - Inscrit 19 mars 2011 11 h 29

    Politique étrangère à la manière Tim Horton: le beigne est glacé juste d'un bord.

    >Stephen Harper :"Si le colonel Kadhafi ne se plie pas [à la résolution du conseil de sécurité], les Forces canadiennes, en collaboration avec les formces militaires d'autres pays, feront respecter cette résolution."


    Qu'est-ce que monsieur Harper a à dire concernant l'absence de semblable empressement concernant bien d'autres résolutions ?

  • Michelle Bergeron - Inscrit 20 mars 2011 19 h 23

    L'opposition demeure bien silencieuse?

    C'est certain que peu importe le dénoument l'opposition aura tout le loisir pour se faire entendre sur les événements. OUPS! c'est maintenant qu'il est important de se faire entendre pas une fois les troupes rendus à destinationsTrop occupé par des élections que nous n'avons aucunement besoin surtout que le parti libéral n'a pas tiré leçon du scandale des commandites les même personnes tourne encore autour du parti, les mêmes qui n'ont rien vue rien entendu, aucun ménage...