Libye - Kadhafi contre-attaque

Des insurgés d’Ajdabiyah se sont rendus hier prêter main-forte aux combattants de Brega.<br />
Photo: Agence Reuters Goran Tomasevic Des insurgés d’Ajdabiyah se sont rendus hier prêter main-forte aux combattants de Brega.

Les insurgés demandent l'aide de l'ONULes forces loyales à Mouammar Kadhafi ont contre-attaqué hier dans l'est de la Libye, où les insurgés ont réclamé un appui aérien de l'ONU contre les mercenaires africains présentés comme le fer de lance des partisans du dirigeant libyen.

À Tripoli, lors d'une réunion publique, Kadhafi a de nouveau mis en cause les islamistes d'al-Qaïda dans les violences actuelles et a brandi le spectre d'un «nouveau Vietnam» si des puissances étrangères intervenaient dans son pays.

«Nous entrerons dans une guerre sanglante et des milliers et des milliers de Libyens périront si les États-Unis ou l'Alliance atlantique interviennent», a-t-il lancé devant ses partisans. «Nous sommes prêts à donner des armes à un, deux ou trois millions de personnes, et un nouveau Vietnam commencera. Cela n'a pas d'importance pour nous.»

Plus tard dans la journée, les chefs de l'insurrection — en fait des avocats, des journalistes, des militaires déserteurs et des hommes d'affaires — ont finalement appelé les Nations unies à autoriser des frappes aériennes sur les mercenaires africains à la solde du colonel Kadhafi.

Sur le terrain

«Nous appelons les Nations unies et tout pays qui soutient la révolution du 17 février à lancer des frappes aériennes sur les sites et positions des mercenaires dont il est clair qu'ils sont utilisés contre les civils et le peuple libyen», a déclaré le porte-parole de l'insurrection, Abdelhafez Ghoqa, à Benghazi. «Le Niger, le Mali et le Kenya envoient des troupes en Libye», a-t-il accusé.

Sur le terrain, les insurgés ont annoncé avoir repris le contrôle du terminal pétrolier de Marsa el Brega, à 800 km à l'est de Tripoli, que les forces gouvernementales avaient brièvement reconquis dans la matinée. Mais la télévision d'État libyenne a affirmé que les pros Kadhafi tenaient l'aéroport et la zone portuaire de la ville.

Une nouvelle attaque aérienne a été menée à Marsa el Brega en fin d'après-midi et une bombe est tombée à deux kilomètres du terminal pétrolier.

Lors de son discours à Tripoli, diffusé en direct à la télévision nationale, le numéro un libyen a affirmé que l'insurrection en cours depuis une quinzaine de jours, imputable selon lui à des «terroristes», n'avait fait tout au plus que 150 morts, alors que des estimations internationales font état de milliers de tués.

Le porte-parole de la Ligue libyenne des droits de l'Homme, Ali Zeidan, a pour sa part affirmé hier à Paris que les violences liées à la répression de l'insurrection en Libye ont fait 6000 morts, dont 3000 dans la seule ville de Tripoli.

«Le nombre de victimes pour tout le pays est de 6000, dont 3000 à Tripoli, 2000 à Benghazi et 1000 dans d'autres villes», comme Zawiyah ou Zenten, a déclaré le porte-parole au cours d'une conférence de presse organisée au siège de la Fédération internationale des ligues de droits de l'Homme (FIDH) à Paris.

À Benghazi, fief du mouvement insurrectionnel, le Conseil national libyen (CNL) de 30 membres mis en place dimanche a nommé à sa tête l'ancien ministre de la Justice, Moustafa Abdeldjeïl

Un porte-parole du CNL, Hafiz Ghoga, a pour sa part évoqué l'envoi de renforts à Kadhafi par le Niger, le Mali et le Kenya, et a aussi parlé du rôle de l'Algérie.

«Il y a près de 25 000 mercenaires en Libye, mais tous n'ont pas encore été déployés. Ils sont dirigés par deux généraux tchadiens aux ordres de l'ambassadeur du Tchad en Libye, Daoussa Deby, le propre frère du président tchadien Idriss Deby», a assuré le responsable de la LDH libyenne, Ali Zeidan.
4 commentaires
  • Georges Paquet - Inscrit 3 mars 2011 06 h 23

    Et nos journalistes...?

    Je serais curieux de savoir où nos journalistes, sur le terrain et ici, ont bien pu puiser et répéter à satiété que les insurgés Libyens ne vouilaient surtout pas d'interventions de l'extérieur. La communauté internationale, l'ONU, l'OTAN, les États-Unis, L'Union européenne et le Canada doivent-ils observer le "brave" Colonel" taper sur ses concitoyens, sans leur venir en aide. Rappelons-nous que le Canada a été à l'origine de cette "obligation de protéger" qui a été reconnue à l'ONU par la Communauté internationale.

  • Gravelon - Inscrit 3 mars 2011 08 h 27

    troublant

    hier, Mme Clinton disait qu'elle ne connaissait rien des insurgés, originaires de l'Est de la Lybie, ils pouvaient faire partie de la mouvance islamiste d'El Kaida. Alors même que Khaddafi et ses sbires sont en train de massacrer des civiles, Mme Clinton reprend les même arguments que khaddafi, troublant.

  • MJ - Inscrite 3 mars 2011 10 h 26

    Appel à l’aide du porte-parole de l’insurrection - Situation dangereuse et explosive en Libye

    Aide demandée à l'ONU et à tout pays allié de la Révolution du 17 février, via des frappes aériennes ciblées, contre les sites et positions occupés par les mercenaires. La résistance d’un dictateur “malade et dangereux” qui annonce un prochain "Vietnam" et qui s’accroche à tout prix au pouvoir n’augure rien de bon. Avec en plus des mercenaires africains de pays voisins qui viennent prêter main forte à Kadhafi, une escalade de la violence est à prévoir...

  • Malartic - Inscrit 3 mars 2011 11 h 15

    Se mêler de nos affaires....

    Avec l'anti-américanisme preque universel sur la planète, je déconseille à M. Obama de se commettre ouvertement en Lybie, et avec "l'anti-occidentalimisme" comme 2ième sentiment majoritaire dans les pays fortement islamiste, je déconseille à l'Europe et le continent américain d'aller se mêler de ce qui ne les regarde pas. Ce qui n'exclus pas les opération d'assistance, bien choisis, "dans l'ombre". Un autre problème sera de garder nos "bien-pensants" à l'écart et être "réservés" dans leurs opinions.